Maltraitance animale : les dix attractions touristiques les plus cruelles

L’ONG internationale World Animal Protection a commandé, en 2016, une étude pour informer les touristes sur l’impact de ces attractions sur le bien-être des animaux.

C’est officiel, Sea World arrête la reproduction de ses orques en captivité. Mais les cétacés noirs et blancs ne sont pas les seuls animaux sauvages à être capturés puis dressés pour divertir les hommes. L’ONG internationale World Animal Protection a commandé une étude pour informer les touristes sur l’impact de ces attractions sur le bien-être des animaux.

« Notre but est de leur ouvrir les yeux. Nous avons fait des sondages auprès des visiteurs pour connaître leurs motivations : la plupart d’entre eux viennent par amour des animaux », s’étonne Julie Middelkoop, de la World Animal Protection.

L’étude, réalisée par l’Unité de recherche sur la préservation de la vie sauvage de l’Université d’Oxford (WildCRU), et publiée le 21 octobre 2015, a évalué, pour 24 attractions, le bien-être animal et la préservation des espèces. Les chercheurs se sont appuyés sur les cinq libertés de l’animal : ne pas souffrir de faim ou de soif, ne pas être victime d’inconfort, ne pas subir de douleurs, blessures ou maladies, pouvoir exprimer un comportement naturel pour son espèce et ne pas éprouver de peur ou de détresse.

La World Animal Protection a établi, à l’aide des résultats, un classement des dix attractions touristiques les plus cruelles envers les animaux :

Se balader à dos d’éléphants

Dans de nombreux pays d’Asie, faire une balade sur le dos d’un éléphant fait partie des activités favorites des touristes. Mais pour parvenir à rendre le pachyderme docile, il faut lui infliger de nombreuses souffrances. Arraché à sa mère petit, l’éléphanteau est soumis à un rituel appelé « phajaan », qui signifie briser l’éléphant, c’est-à-dire séparer son âme de son corps pour l’amener à obéir. Pendant plusieurs jours, il est enchaîné et traumatisé.

« C’est extrêmement douloureux et l’éléphant s’en souviendra toute sa vie. On le prive d’eau, de nourriture, il est battu… », explique Julie Middelkoop.

Prendre des selfies avec les tigres

Donner le biberon à un bébé tigre, toucher le pelage du félin presque adulte, entrer dans la cage aux fauves. De quoi ramener de belles photos de vacances. Mais, pour divertir les touristes, les petits tigres sont enlevés à leur mère dès leur plus jeune âge. Ces bêtes sauvages, qui ont besoin de grands espaces, sont enfermées dans des enclos. Quant au sort des tigres adultes, trop dangereux pour interagir avec les touristes, il reste assez flou…

Turner Barr est un journaliste américain. En 2013, il a travaillé comme bénévole au Tiger Temple, en Thaïlande, pendant trois semaines. Il a donné, sur son blog, sept raisons de ne pas visiter ce site.

« J’ai décidé de faire cette expérience car je voulais regarder de plus près ce que l’on nous présente comme un refuge pour les animaux. En réalité, ils sont élevés dans le seul but de faire du profit. Ces bêtes sont enchaînées, sous une chaleur assommante, c’est écœurant. Ce qui m’a le plus choqué, c’est le nombre de personnes qui viennent les voir », raconte le journaliste. Pour lui, les touristes ont un rôle très important à jouer : « Ils votent avec leur argent. J’en voyais certains qui étaient horrifiés par ce qu’ils voyaient. D’autres, en revanche, ne pensaient qu’à prendre leurs selfies avec des petits bébés tigres et les câliner », se souvient-il. La Thaïlande est le pays le plus connu pour proposer cette activité, mais on la retrouve aussi dans d’autres pays d’Asie, ainsi qu’en Australie, au Mexique ou en Argentine.

Marcher au milieu des lions

Les bébés lions ont la cote en Afrique du sud. Quand ils n’ont que quelques mois, ils sont séparés de leur mère pour permettre aux touristes de les caresser, leur donner le biberon, et prendre des photos souvenir, lionceau dans les bras. Lorsqu’ils ont un peu grandi, mais pas suffisamment pour être trop dangereux, il est possible de se promener au milieu des lions. Là encore, qu’advient-il des lions qui ne sont plus dans le parc ? Impossible de le prouver :

« Il y a une inconnue dans l’équation. On sait que les lions adultes sont revendus, on sait qu’il y a un marché d’os de lions envoyés en Chine, on sait qu’il y a de nombreux lions qui arrivent dans les chasses closes… », explique Tom Moorhouse, principal auteur de l’étude. Dans tous les cas, les lions ne peuvent plus être relâchés dans la nature après avoir vécu en captivité.

Lire la suite de l’article sur le site « Le Monde »

Mise à jour du 27 avril 2019
Photo de une : Pixabay

 

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