En Norvège, un béluga soupçonné d’être un soldat russe

Une baleine blanche équipée d’un harnais est venue à la rencontre de pêcheurs norvégiens. Ils pensent qu’elle est entraînée par la marine russe.

Drôle de surprise pour des pêcheurs norvégiens du comté de Finnmark, au nord du pays. Fin avril, plusieurs d’entre eux ont remarqué un béluga au comportement étrange, qui s’approchait de leurs bateaux et « tirait sur les cordes », raconte Joar Hesten à la télévision publique NRK. Plus étrange encore, le mammifère marin, décrit comme « très apprivoisé », portait un harnais, mais aucun instrument n’y était attaché.

« J’ai été en contact avec des chercheurs russes, et ils me confirment que ce n’est pas dans leurs pratiques habituelles », a indiqué au journal VG Andun Rikardsen, professeur au département de la biologie marine à l’université arctique-norvégienne de Tromsø. Un béluga qui, selon ces mêmes chercheurs russes, viendrait de la base navale russe de Murmansk.

Les animaux marins utilisés comme soldats

Un soldat russe cette baleine blanche ? Martin Biuw, chercheur à l’Institut de la recherche marine, penche également pour cette thèse. « Si elle vient de Russie, et il y a de grandes raisons de le croire, alors ce n’est pas l’œuvre de scientifiques mais plutôt de la marine », assure-t-il à NRK.

L’utilisation d’animaux marins par une armée ne serait pas une première. Les Etats-Unis ont commencé à développer leur programme de mammifères marins pendant la guerre froide. Bélugas, dauphins, orques, otaries… Ces animaux étaient entraînés à repérer les mines sous l’eau, escorter des bateaux ou aller chercher des objets. Un programme critiqué par les défenseurs de la cause animale qui a récemment pris fin, selon la télévision publique américaine, les animaux étant remplacés par des robots.

L’URSS avait développé un programme similaire à l’époque. Mais l’armée russe n’a, semble-t-il, pas encore décidé de se passer de ses soldats marins : en avril 2016, elle a fait l’acquisition de cinq dauphins, sans pour autant préciser de quelle manière elle allait les utiliser.

Inquiétude pour la santé du béluga

Ce béluga était-il donc envoyé par la Russie pour harceler les pêcheurs norvégiens ? Les scientifiques locaux pensent plutôt que l’animal s’est évadé. « C’est un animal apprivoisé, qui a été habitué à ce qu’on lui serve sa nourriture, c’est probablement pour ça qu’il s’approchait des pêcheurs », analyse Andun Rikardsen dans VG.

Soldat russe ou non, les pêcheurs et chercheurs, inquiets pour la santé de l’animal, ont entrepris de lui retirer son harnais qui leur semblait trop serré. Ils y ont d’ailleurs découvert un indice supplémentaire à la thèse russe : l’inscription « équipement de Saint-Pétersbourg » retrouvée à l’intérieur. Quant à l’avenir du béluga, il inquiète Jørgen Wiig, biologiste marin et inspecteur au ministère norvégien de la Pêche. « Il est très habitué aux gens, explique-t-il à VG, je ne sais pas s’il s’en sortira tout seul. »

Source : Le Point
Photo : Ansgar Walk, wikimedia.org

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