La biodiversité face à un « dangereux déclin » selon l’IPBES…

La Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a présenté son dernier rapport. Elle y pointe un taux d’extinction des espèces animales et végétales « sans précédent » et en accélération continue.

Les grandes lignes de ce rapport, « dont le résumé a été approuvé lors de la 7e session plénière de l’IPBES, qui s’est réunie du 29 avril au 4 mai à Paris », note l’organisation onusienne qui réunit 132 pays, ont officiellement été présentées le lundi 6 mai à 13 h.

Comme s’en faisaient déjà l’écho de nombreux médias et associations dès la semaine dernière, environ 1 million d’espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction, « notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité », précise l’IPBES. Concernant le milieu marin, « près de 33 % des récifs coralliens, des requins et des espèces proches, et plus d’un tiers des mammifères marins sont menacés », détaille par ailleurs l’organisation. Rien de très réjouissant.

Réchauffement climatique et pollution

Les causes ? Principalement l’homme. L’augmentation de la population, le développement des activités humaines et les effets induits, comme le réchauffement climatique, coûtent cher aux autres espèces. Ainsi, l’IPBES prévoit une diminution située entre 3 % et 10 % « de la production primaire nette des océans due au changement climatique d’ici la fin du siècle », et entre 3 % et 25 % pour la « biomasse de poissons », toujours d’ici la fin du XXIe siècle.

Outre le changement climatique, la pollution plastique est, elle aussi, largement épinglée puisqu’elle a « été multipliée par dix depuis 1980 ». De même que les autres pollutions marines aux risques tout aussi inquiétants. « Environ 300-400 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets issus des sites industriels sont déversés chaque année dans les eaux du monde. Et les engrais qui arrivent dans les écosystèmes côtiers ont produit plus de 400 « zones mortes » dans les océans, ce qui représente environ 245 000 km², soit une superficie totale plus grande que le Royaume-Uni », indique l’IPBES.

L’organisation onusienne pointe également la surpêche, l’emprise de la pêche industrielle et la pêche illégale. Elle estime ainsi qu’en 2011, jusqu’à un tiers des prises mondiales de poissons étaient « signalées comme étant illicites, non déclarées et non réglementées ».

Agir, et vite

Si rien n’est fait, inutile d’espérer que les choses s’améliorent. « Les déclins rapides passés et actuels de la biodiversité, des fonctions des écosystèmes et de nombreuses contributions de la nature à la population signifient que la plupart des objectifs sociaux et environnementaux internationaux, tels que ceux énoncés dans les objectifs d’Aichi pour la biodiversité et le programme de développement durable à l’horizon 2030, ne seront pas atteints sur la base des trajectoires actuelles », conclut l’IPBES.

Le rapport plaide pour un changement « transformateur » et présente quelques pistes. « Des approches écosystémiques de la gestion des pêches, la mise en œuvre de zones marines protégées, la réduction de la pollution, l’établissement de quotas efficaces, la protection et la gestion des zones clés de la biodiversité marine »… sont autant d’actions, à mener ou à étendre, prônées par les experts de l’IPBES pour préserver le milieu marin.

Anne-Laure GROSMOLARD

Source : lemarin.fr, le 06.05.2019
Photo :  Richard Ling – wikipedia.org

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