Un sanctuaire pour offrir une seconde chance aux orques captives

À l’approche de l’été, libérées des contraintes du calendrier scolaire, les familles affluent sur la plage pour se délecter des sensations procurées par la marée sur les orteils, et le vent sur le visage.

Malgré les mises en garde contre les coups de soleil et les alertes marée rouge, cette soif d’une journée estivale à la plage est irrésistible. C’est dans notre nature d’aller sur la côte quand il fait chaud.

À la même époque, de nombreuses familles désireuses de profiter au maximum de l’été affluent aussi au SeaWorld de San Antonio, pour emprunter le nouveau toboggan aquatique à sensations et dévaler les montagnes russes. Dans la perspective, SeaWorld les accueille avec un nouveau programme leur présentant des tortues de mer en voie de disparition qui ont été secourues, et deux nouvelles attractions à sensations fortes.

Même si cela prend du temps, les choses sont en train de bouger dans le superbe et gigantesque parc. Pour redorer son image ternie par Blackfish, le documentaire critique qui a radicalement influencé l’opinion publique à propos de ses spectacles d’orques et de son programme de reproduction, le parc réoriente ses activités. Il s’applique à écarter les représentations d’épaulards à vocation divertissante pour mettre l’accent sur leur préservation. Le Shamu Express kiddie coaster en noir et blanc (conçu pour ressembler à un alignement d’orques) a laissé place à une attraction sur le thème de Sesame Street. Mais compte tenu du fait que l’emblématique Shamu jaillit toujours sur le logo du parc à thème, cela promet d’être long.

SeaWorld, conscient de l’évolution des temps, a mis fin à son programme de reproduction en 2016, et a annoncé que les cétacés actuellement dans ses parcs constitueraient la dernière génération à y vivre.

Mais si la situation a évolué pour les orques captives de San Diego – où le spectacle éducatif Orca Encounter a succédé au show One Ocean – ce changement n’a pas eu lieu pour les orques de San Antonio. Là-bas, les épaulards continuent de sauter au Shamu Stadium, bien que le San Antonio Business Journal ait rapporté en 2017 que le One Ocean devait s’achever en 2019. Nous ne sommes qu’en juin, et tandis que les géants des mers évoluent rapidement, une entreprise commerciale de la taille de SeaWorld a besoin de temps pour virevolter et prendre les bonnes résolutions.

Pourtant, la semaine dernière, le Canada a adopté un projet de loi interdisant la détention en captivité des dauphins, orques et autres cétacés. La loi va être promulguée et sanctionnera ceux qui ambitionnent de faire du commerce sur le dos des animaux à des fins de divertissement. Des exceptions sont prévues concernant les cétacés actuellement captifs, ceux détenus pour les besoins de recherches, ou faisant partie d’un programme de réhabilitation. Mais le projet de loi, baptisé Free Willy, prévoit un avenir différent pour les autres membres de leur espèce.

Humane Canada, la section canadienne de l’organisation internationale Humane Society, a déclaré dans un tweet que rien de fantastique ne se produit jamais dans la hâte. Toutefois, des signes indiquent une évolution des mentalités au sujet du maintien en captivité dans de gros bassins en béton d’animaux sociaux extrêmement intelligents, que l’objectif final soit le divertissement ou la préservation.

D’ailleurs, le Whale Sanctuary Project, élaboré par un groupe d’experts en sciences marines, en politique, en ingénierie et en médecine vétérinaire, propose de créer de vastes sanctuaires dans l’océan. L’objectif est d’y accueillir des cétacés à la retraite ou en cours de réhabilitation, habitués à être nourris de la main de l’homme. Sur son site internet, le groupe indique vouloir travailler avec SeaWorld, mais en mars, le National Geographic a annoncé que SeaWorld ne souhaitait pas cette collaboration.

Le Whale Sanctuary Project estime qu’un tel sanctuaire offrirait aux animaux environ cent hectares d’espace marin, avec une faune et une flore diversifiées avec lesquelles interagir. La température doit être correcte et la profondeur suffisante. Un tel endroit doit permettre au personnel de travailler à proximité des animaux et de les soigner. Si le défi est de taille, il faut bien garder à l’esprit qu’un tel effort aurait pu être évité si ces animaux n’avaient pas été enlevés à la mer.

Et quand bien même il ne s’agira pas d’une remise en liberté totale, ils pourront sentir les courants et les vents marins, lesquels font naturellement partie de leur monde. Nous pouvons parfaitement y contribuer.

Quand on commet des erreurs, il est difficile de les admettre, et surtout de réparer les torts causés. C’est encore plus difficile, bien sûr, quand cela touche aux résultats financiers. Mais quand les yeux sont braqués sur vous, cela peut changer votre image.

Source : mysanantonio.com, le 15.06.19
Traduction David Delpouy pour Réseau-Cétacés
Photo : Bob Owen / Staff File Photo

 

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