Il ne reste plus que 412 baleines noires dans le monde

Six baleines noires ont été retrouvées mortes dans l’Atlantique Nord sur le mois de juin 2019. Ce sont les premiers cadavres de cette espèce en danger retrouvés depuis 2017 dans cette zone.

Six baleines noires, une espèce de mammifère marin en voie d’extinction, ont été retrouvées mortes dans le golfe du Saint-Laurent depuis début juin 2019, ont annoncé jeudi 27 juin les autorités canadiennes. Conséquence de ces décès, les premiers depuis l’été 2017, le ministère canadien des Transports a réduit à 10 noeuds (19 km/h) la vitesse du trafic maritime dans ces eaux très fréquentées et a interdit la pêche commerciale dans une zone de 16.000 km2.

Six baleines noires retrouvées mortes dans l’Atlantique Nord

Les carcasses à la dérive des mammifères, des baleines noires – ou franches – de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis), ont été repérées lors de vols de surveillance, ont expliqué à l’AFP des responsables du ministère des Pêches et des Océans. Deux d’entre elles ont pu être ramenées à terre à ce stade et des nécropsies (autopsies pour les animaux) ont été réalisées. La première carcasse était celle d’une femelle de 40 ans, appelée « Punctuation » par les chercheurs, décédée à la suite d’une collision avec un navire, ont-ils ajouté. La seconde carcasse était celle d’un mâle de neuf ans baptisé « Wolverine » par les biologistes marins, qui n’ont pas pu établir les circonstances du décès. Des nécropsies doivent être menées prochainement sur trois autres baleines noires décédées. Un compte qui s’ajoute à la première des baleines décédées de l’année, repérée début juin 2019.

« 85 % des baleines noires sont un jour blessées par du matériel de pêche et une baleine sur quatre s’y empêtre chaque année », selon Michael Moor, spécialiste de l’impact humain sur les mammifères marins à l’Institut océanographique de Woods Hole (WHOI), aux États-Unis. Ces blessures entraînent parfois la mort : s’empêtrer dans les cordages est d’ailleurs la première cause de mortalité chez les baleines noires. Et quand l’empêtrement ne tue pas, il peut aussi être chronique et empêcher l’animal de se reproduire en affectant sa santé.

Les premiers décès de baleines noires depuis 2017

La dernière carcasse a été repérée jeudi 27 juin 2019 par un vol de surveillance « à la dérive au large de la Gaspésie« , péninsule québécoise située au sud-ouest du golfe du Saint-Laurent, et « nous analysons diverses options pour (sa) récupération et pour la nécropsie« , a déclaré un porte-parole du ministère des Pêches et des Océans. Ces décès portent à 412 la population estimée de baleines noires dans le monde, ont indiqué les autorités canadiennes, qui ont recensé sept baleineaux nés cette année. Cette région de l’est du Canada abrite environ le quart de cette population en voie d’extinction. Il s’agit des premiers décès de baleines noires signalés au Canada depuis l’été 2017, quand douze de ces grands mammifères avaient été retrouvés morts dans le golfe du Saint-Laurent et d’autres au large des côtes de la Nouvelle-Angleterre (nord-est des États-Unis). « Nous continuons de travailler en étroite collaboration avec nos partenaires au Canada et aux Etats-Unis (…) pour aider à protéger la baleine noire de l’Atlantique Nord contre toute autre menace« , ont assuré les autorités canadiennes.

Trop de morts et plus assez de petits : la baleine noire est une espèce en danger

Une tendance à la baisse générale de la population a été notée depuis 2010. « Nous observons aussi que les femelles ne vivent pas aussi longtemps qu’auparavant, expliquait en 2018 Barb Zoodsma, spécialiste des baleines noires à l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA). « La plupart meurent désormais avant l’âge de 50 ans [contre 70 ans normalement]. Elles ont aussi moins de baleineaux. De toute évidence, la population ne produit actuellement pas assez de petits pour compenser le nombre d’individus qu’elle perd. Cela m’inquiète. » Une baleine noire ou franche de l’Atlantique Nord peut atteindre 18 mètres de longueur et vit 75 ans en moyenne. L’activité humaine est la principale cause de mortalité de cette espèce menacée, avaient indiqué les scientifiques à l’issue des autopsies réalisées sur les carcasses récupérées en 2017. Parmi ces activités nocives : l’augmentation de la pêche aux crabes et aux homards au Canada, le développement du trafic maritime dans tout l’Atlantique Nord-Ouest, et, sans doute aussi, la pollution de l’océan et l’appauvrissement des ressources alimentaires (du zooplancton). Depuis 2018, le gouvernement canadien restreint des zones de pêche et la vitesse maximale autorisée pour les navires dans certaines zones du Saint-Laurent pour protéger davantage ce cétacé.

CG et MK avec AFP

Source : sciencesetavenir.fr, le 29.06.19
Photo : Creative Commons

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