Les images insoutenables de Hugo Clément, témoin du massacre de dauphins aux Îles Féroé

Le journaliste français Hugo Clément a teasé son prochain reportage éprouvant pour France Télévisions sur le massacre de globicéphales, une tradition des Îles Féroé qui chaque année fait couler autant d’encre que de sang.

Attention, les images ci-dessous peuvent heurter.

Pour sa prochaine émission sur France 2, intitulée « Sur le front » et consacrée à l’environnement, Hugo Clément s’est rendu aux Îles Féroé, province autonome du Danemark située au nord de l’Écosse, pour assister au « grindadráp ». « L’un des moments les plus difficiles de [sa] vie professionnelle », d’après l’ancien journaliste de Konbini. Cette tradition ancestrale consiste chaque année, souvent durant la saison estivale, à tuer des cétacés globicéphales, que l’on appelle aussi « dauphins-pilotes », rabattus au préalable vers les terres par des bateaux.

Les images partagées pour le futur papa sont insoutenables. Dans une marre de sang, les animaux égorgés agonisent, sous le regard (et les sourires) de nombreux habitants. D’après le compagnon d’Alexandra Rosenfeld, en moyenne 800 cétacés sont tués chaque année dans cet archipel, soulignant que « ces animaux ultra sociaux et très doux envers l’être humain sont pourtant protégés par la convention de Berne sur la vie sauvage ». Ce qui n’empêche pas les Féringiens de les chasser, avant de les « manger », écrit le journaliste de 29 ans. Pourtant, plusieurs études affirment que la viande de ces dauphins est impropre à la consommation en raison de sa concentration élevée en métaux lourds.

Ce massacre est défendu par les habitants des Îles Féroé sous prétexte d’une tradition appelée « grindadráp », qui signifie littéralement « mise à mort des baleines ». Cette pratique barbare aurait « permis à leurs ancêtres de survivre dans un climat hostile », explique Hugo Clément, avant de dresser une comparaison avec le présent : « Aujourd’hui, leurs supermarchés sont remplis de denrées en tout genre, la population ne manque de rien, mais la chasse aux dauphins persiste malgré tout. » 

 

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Hier, en tournage pour @francetvslash, j’ai vécu l’un des moments les plus difficiles de ma vie professionnelle. Avec @victor_peressetchensky et @seashepherdfrance, nous avons assisté au massacre d’une centaine de dauphins globicéphales aux Îles Féroés, province autonome du Danemark. Ces animaux ultra sociaux et très doux envers l’être humain sont pourtant protégés par la convention de Berne sur la vie sauvage. Les Féringiens mangent la viande des dauphins et défendent une tradition appelée « Grindadrap », qui a permis à leurs ancêtres de survivre dans un climat hostile. Aujourd’hui, leurs supermarchés sont remplis de denrées en tout genre, la population ne manque de rien, mais la chasse aux dauphins persiste malgré tout. En moyenne, 800 cétacés sont tués chaque année aux Îles Féroés. Il y a quelques jours, je plongeais aux côtés de @guillaumenery avec les globicéphales en Méditerranée… Ils avaient été si curieux, si accueillants. Il faut désormais encaisser cette journée d’horreur. Pour en savoir plus, voir mes stories et le compte @francetvslash. Reportage complet à suivre dans quelques semaines sur mes réseaux et ceux de @francetvslash @francetelevisions, où nous posterons prochainement une vidéo par semaine sur le combat environnemental.

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Sous sa publication, Hugo Clément ajoute que les « dauphins-pilotes » « doivent ce nom au fait qu’ils sont très curieux envers les bateaux et les humains, et donc ils ont tendance à suivre les embarcations pour jouer avecLes chasseurs tirent profit de cette ‘confiance’ en l’être humain pour les guider jusqu’à la plage et les tuer. Ils savent que le groupe ne se séparera jamais, même face au danger, qu’ils préféreront mourir tous ensemble que tenter de fuir. » Encore plus déchirant, le journaliste ajoute que quatre bêtes ont échappé au massacre la veille car ils étaient « mal placés » par rapport à la plage. « Plusieurs heures après, ils étaient toujours dans la zone, tournant indéfiniment, cherchant leurs familles disparues… Les chasseurs nous ont dit qu’ils pouvaient parfois rester plusieurs jours avant de se résigner et de repartir vers le large. C’est d’une tristesse infinie. » Le reportage qui s’annonce aussi éprouvant pour les téléspectateurs sera diffusé dans quelques semaines.

Un combat sans fin pour les activistes environnementaux

À l’image du festival de la viande de chien en Chine, ce massacre d’une violence inouïe continue malgré les campagnes des associations de défense des animaux et le soulèvement du grand public horrifié par de telles pratiques. Au plus grand désarroi de Sea Shepherd, qui tente de faire fuir les globicéphales avant qu’ils soient repérés par les chasseurs.

Si leur stratégie a pu sauver des centaines de vies ces dernières années, il est impossible d’arrêter une chasse lorsque celle-ci a démarré. Les membres de l’ONG maritime ne peuvent pas en effet intervenir physiquement, soulignait en 2018 Moustique. La législation n’est également pas de leur côté puisque, depuis 2015, elle oblige toute personne voyant un groupe de globicéphales à obligatoirement le signaler aux autorités féringiennes pour que le grindadráp s’organise, poursuit le magazine précisant que les militants peuvent être arrêtés, recevoir une amende de 2 500 dollars et être placés en détention.

Source & liens complémentaires : parismatch.be, le 28.08.19
Photo : Arnø – en.wikipedia.org

 

Japan Dolphins Day, happening silencieux ~ Paris, le 30 août 2019
Le massacre silencieux du dauphin rose de l'Amazone

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