Une baleine à bosse aperçue en Seine-Maritime : « Une observation exceptionnelle »

Une baleine à bosse a été observée par un pêcheur, à Yport (Seine-Maritime) le 23 septembre 2019. Si elle n’est pas anormale, sa présence reste très rare dans la région.

Un pêcheur plaisancier a pris en photo un mammifère marin, au large d’Yport (Seine-Maritime), le 23 septembre 2019. L’animal en question, une baleine à bosse identifiable à l’aide de ses larges nageoires pectorales, a été observé au cours d’une partie de pêche, à 200 mètres seulement de la côte seinomarine.

« Une espèce que l’on observe assez rarement le long des côtes normandes »

« Avec un ami, on a vu depuis mon bateau quelque chose sauter au loin. On voit souvent des marsouins, des dauphins mais on a compris que ça n’était pas ça. On s’est rapproché progressivement. On a navigué entre cinq et dix mètres d’elle pendant une dizaine de minutes », raconte Frédéric Godard, l’auteur du cliché, à qui telle observation n’était jamais arrivée. « On a été estomaqué ! Nous sommes restés un petit peu comme des gosses à la regarder agiter la nageoire, faire des sauts dans l’eau. Elle n’était pas très grosse, elle devait faire entre sept et huit mètres. C’est déjà impressionnant. » 

Cette photo est d’autant plus remarquable que l’observation de ce type de mégaptère reste peu commune.

« C’est une espèce que l’on observe assez rarement le long des côtes normandes », développe Marie Francou, chargée de missions mammifères marins au Groupe mammalogique normand (GMN). La proximité avec la côte renforce ce sentiment de singularité. Rien d’anormal néanmoins, pour un animal qui peut parcourir jusqu’à 25.000 kilomètres de migration par an :

« Cela n’est pas improbable car la Manche peut-être l’un des chemins empruntés par les baleines à bosse lors de leur migration. »

L’animal, dont on estime la présence à 11.600 unités dans l’Atlantique Nord, a récemment été classé en « préoccupation mineure » par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Depuis 2006, 32 signalements de baleines à bosse ont été effectués pour l’ensemble de la côte manchoise française. Sa propension à bondir hors de l’eau peut faciliter son observation.

La Manche, point de passage vers l’hémisphère sud

Ces signalements ont été référencés sur Obsenmer, une interface GPS spécialisée qui cartographie, entre autres, les présences animales dans les eaux qui bordent les territoires français. En novembre 2016, un spécimen avait ainsi été observé au large du Havre. Cinq ans plus tôt, le large animal noir et blanc avait été vu à mi-chemin entre Fécamp et Saint-Valéry-en-Caux.

Le 27 septembre 2019, une quarantaine de surfeurs, en attente de vague à Pourville près de Dieppe, avaient eu la chance d’observer une baleine bondir juste sous leurs yeux. Encore plus récemment, la Coordination mammalogique du Nord de la France avait partagé une vidéo où l’on pouvait apercevoir une baleine à bosse onduler à la surface de l’eau, dans le secteur de Gravelines (Nord).

De plus nombreux comptages existent le long des côtes de la Mer du Nord ou bien encore au niveau du cap de la Hague. Plus au sud, des signalements ont été effectués au large du Pays basque. À noter que la baleine à bosse, animal plutôt sociable, se déplace souvent en groupe de quatre à douze individus.

Le mammifère, qui mesure en moyenne entre 11 et 13 mètres et peut peser jusqu’à 35 tonnes, était sans doute en train d’assurer sa transition géographique.

« Ces baleines passent l’été dans l’hémisphère nord et entament une migration vers l’hémisphère sud à la fin de l’automne », complète Marie Francou. Et de conclure: « C’est une observation exceptionnelle ! ».

Source : Actu.fr – Publié le 05.10.2019
Photo de une : Pixabay

 

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