Une baleine amputée de sa queue en Méditerranée

Lors d’une sortie en mer samedi 5 octobre, l’équipage du « Santo Sospir » de l’association « SOS Grand Bleu » a eu la triste surprise d’observer un rorqual commun amputé de sa caudale, la queue du mammifère. Il pourrait s’agir d’une collision avec un bateau. Survivra-t-il ?

Triste rencontre ! Lors d’une sortie en mer, l’équipage du Santo Sospir de l’association SOS Grand Bleu a observé un rorqual commun littéralement amputé de sa caudale. La photographie est édifiante : il ne reste qu’un moignon filandreux à l’endroit où se trouvait une caudale majestueuse. Comme le montrent ces photos partagées sur le compte Facebook de Souffleurs d’Ecume, une association ayant pour objectif le maintien des populations de cétacés de Méditerranée dans un état de conservation favorable.

Samedi, l’équipage naviguait au large de Cannes, à une cinquantaine de kilomètres des côtes, sur une route maritime fréquemment empruntée par de grands navires. Ce signalement du 5 octobre fait écho à celui du 14 septembre fait par un pêcheur dans la même zone. Pour l’heure, les causes de ces lésions ne sont pas connues mais d’après les blessures observées il pourrait s’agir du résultat d’une collision avec un bateau.

Survivre

Murielle Oriol, de l’association « SOS Grand Bleu » a discuté avec des vétérinaires cétologues pour savoir si ce rorqual pourrait survivre sans nageoire caudale :

« C’est difficile à dire. C’est son moyen de propulsion, c’est comme si vous nagiez sans monopalme ! Bien sûr, il sera beaucoup moins rapide, il aura plus de difficultés pour se nourrir. Nous, les hommes, sommes les prédateurs principaux. Et les bateaux sont plus rapides que les rorquals, donc ils peinent à les éviter. »

La pollution sonore engendrée par la hausse du trafic maritime est aussi un problème pour se repérer et se nourrir.

Un millier de baleines

Le rorqual commun est le plus grand cétacé de Méditerranée. Il peut mesurer jusqu’à 22 mètres de long pour 70 tonnes. Ce sont près d’un millier de baleines qui peuplent la zone grâce à une nourriture abondante. Mais aussi grâce à un sanctuaire établi entre la Corse, l’Italie et la Sardaigne.

Trafic maritime

Or, c’est aussi dans cette zone que l’on retrouve la plus forte concentration de trafic maritime, notamment l’été : ferries reliant le continent et les îles françaises, italiennes et espagnoles, les bateaux de croisières et les navires cargos. Chaque année, une quarantaine de grands cétacés décèderaient des suites d’une collision avec l’un de ces navires. Ils n’ont parfois pas le temps nécessaire pour l’éviter.

Limiter le risque de collisions

Pourtant, des solutions existent pour limiter le risque de collisions et parmi elles, le système REPCET© : un logiciel qui permet de limiter les risques de collisions entre les grands cétacés et les grands navires. Mais tous les navires n’en sont malheureusement pas équipés.

Depuis 29 ans, SOS Grand Bleu lutte pour la protection de l’environnement marin et plus particulièrement des dauphins et des baleines, au sein du bassin méditerranéen. Le lendemain de cette sortie en mer, les membres de l’association ont pu observer une baleine en pleine forme.

Source : France 3 Régions – Publié le 08.09.2019
Photo de une : M. Martel, S.O.S Grand Bleu

 

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