Une étude suggère que les populations de baleines à bosse du sud-ouest de l’Atlantique se sont quasiment rétablies. L’espèce avait bien failli disparaître à cause de la chasse intensive.

Il existe plusieurs populations de baleines à bosse dans l’hémisphère sud (Megaptera novaeangliae). Et chacune présente un comportement migratoire différent. Celle de l’Atlantique sud-ouest se reproduit en hiver au large des côtes brésiliennes, avant de se rendre en été dans les eaux sub-antarctiques et antarctiques pour se nourrir de krill. C’est le long de cette “route” migratoire que les baleines ont commencé à rencontrer les Hommes, à partir de 1904.

L’espèce avait ensuite bien failli disparaître. Les chasseurs opéraient principalement depuis le territoire britannique d’outre-mer de la Géorgie du Sud, tuant tous les animaux à portée de harpon. On estimait, avant le massacre, à environ 27 000 le nombre de ces animaux marins dans les eaux atlantiques. Ils n’étaient plus qu’une poignée – peut-être quelques centaines d’individus – au milieu du 20e siècle.

Les baleines de retour

Mais depuis le début des années 60, la chasse est interdite. Une mesure qui semble porter ses fruits. Une récente étude suggère en effet qu’il y aurait aujourd’hui près de 25 000 de ces animaux en Atlantique. Soit quasiment autant qu’ils n’étaient avant l’exploitation baleinière. « C’est une histoire positive », a déclaré Alex Zerbini, de la National Marine Fisheries Service et principal auteur de ce rapport.

Ces baleines à bosse figurent toujours sur la liste rouge des espèces en péril établie par l’UICN. Mais elles intègrent désormais la catégorie “moins préoccupants”.

Reste à savoir quels seront les impacts de ce retour en forme des baleines sur la dynamique de leur écosystème. Ces dernières étant en effet de grandes consommatrices de krill, cette source de nourriture pourrait de ce fait être réduite pour d’autres prédateurs, comme les manchots et autres otaries à fourrure qui fréquentent également la région.

Rappelons également que l’interdiction de la chasse dans les années 60 semble avoir profité aux baleines à bosse de l’Antarctique. Une étude publiée l’année dernière nous a en effet révélé que l’espèce a commencé à se rétablir peu à peu de sa quasi-extinction au cours du siècle dernier.

Les chercheurs avaient par ailleurs souligné que ce rebond était en partie à mettre au crédit du réchauffement climatique, qui fournit en moyenne 80 jours de plus sans glace par an, permettant aux baleines à se nourrir de krill plus facilement. Ce qui profite aux grossesses.

Source : sciencepost.fr, le 17.10.19
Photo : Silvio serrano – commons.wikimedia.org

 

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