L’animal, loin d’être « sauvage », aurait en réalité été entraîné par les humains, dont il serait devenu dépendant pour se nourrir.

Un béluga qui rapporte un ballon de rugby à des fans ? Les images, partagées des millions de fois en quelques jours, ont fait fondre tout le monde. Mais la réalité derrière cette vidéo pourrait ne pas être aussi adorable, loin de là.

Des médias internationaux et français – dont Le HuffPost – au compte Twitter officiel de la Coupe du Monde de Rugby remportée cette année par l’Afrique du Sud, tout le monde y a cru. Mais ce samedi 9 novembre, plusieurs voix se sont élevées pour raconter l’histoire de « Hvaldimir », qui serait le béluga visible sur la vidéo… et dont le comportement résulterait d’un entrainement destiné à servir des intérêts humains.

Sur Twitter, Ferris Jabr, contributeur à la revue Scientific American et au New York Times Magazine, a été l’un des premiers à émettre des doutes sur la vidéo.

« La vidéo virale d’un béluga ‘sauvage’ qui joue au rugby n’est pas ce qu’elle paraît. Ça ressemble plutôt à Hvaldimir, un ancien béluga captif qui a pu s’échapper d’un programme militaire russe. Seul, mal nourri et blessé, H. erre dans les océans, à la recherche de nourriture et d’attention de la part d’humains », écrit Ferris Jabr.

Un avis partagé – entre autres – par un ancien sauveteur d’une fondation pour animaux marins.

La raison de leur réserve ? L’attitude surprenante de l’animal sauvage face au ballon.

« Les bélugas sont incroyablement intelligents et sociables mais les vraies baleines sauvages n’ont pas l’habitude du rugby. Elles ne savent pas quoi faire avec une balle si vous leur en lancez une », souligne Ferris Jabr, qui indique avoir contacté la personne à l’origine de la publication initiale sur Facebook pour en savoir plus.

Comment alors expliquer l’attitude du béluga ? Selon le site de la fondation qui lui est dédiée, le béluga Hvladimir aurait en réalité été habitué aux humains. Et l’une des théorie persistante veut qu’il l’ait été dans le cadre d’un entraînement militaire russe.

Lorsqu’il a été aperçu pour la première fois en avril 2019 au nord de la Norvège, l’animal était sanglé dans un harnais, avec une étiquette « Équipement de Saint-Pétersbourg », peut-on lire sur le site de la fondation.

« Au vu des éléments et des considérations géographiques, il a été émis l’idée que l’animal était un ‘espion’ perdu, entraîné et utilisé par l’armée russe ».

Le nom « Hvaldimir » lui a d’ailleurs été donné ironiquement – « hval » signifiant « baleine » en norvégien et « dimir » étant la fin du prénom du président russe.

Un béluga rendu « dépendant » des humains ?

Habitué à être nourri « à la main » par des humains, Hvaldimir serait devenu « dépendant et incapable de chasser et de se nourrir seul. »

« En effet, une semaine d’observations menées par les scientifiques norvégiens n’a pas permis de recenser une seule chasse fructueuse » du béluga, précise le site.

La théorie de « l’espion russe », que rien ne permet de confirmer ou de nier, a suscité de nombreuses interrogations et fait l’objet dans les mois qui ont suivi de plusieurs articles, du WashingtonPost au Times.

Comme le rapporte le site britannique The Express, un général russe a été même interrogé de façon tout à fait sérieuse sur l’utilisation de cet animal.

« Si nous utilisions cet animal pour espionner, est-ce que vous pensez vraiment qu’on aurait attaché un numéro de téléphone dessus avec un message ‘s’il vous plait, appelez ce numéro’ ? », aurait-il répondu à la radio russe.

D’autres hypothèses pourraient également expliquer le comportement du béluga. Comme le mentionnait Le Figaro en mai, il pourrait s’être échappé d’un programme d’études ou encore d’un parc d’attraction américain, deux options qui expliqueraient qu’il soit réceptif aux interactions humaines.

Car Hvladimir, si c’est bien lui, n’en est pas à sa première vidéo virale avec des Hommes. En septembre dernier, The Daily Mail rapportait ainsi l’histoire d’un béluga qui aurait plongé pour rapporter une GoPro perdue par un plongeur dans les eaux de Norvège.

« La vidéo a été partagé des centaines de milliers de fois. Mais ce n’est pas une représentation adorable ou inspirante des relations entre les espèces. C’est une histoire tragique, bien trop similaire à celle de Keiko et Luna, des orques que la célébrité et l’isolement ont tué beaucoup trop jeunes », a déploré Ferris Jabr, en référence à l’interprète célèbre de “Sauvez Willy”.

L’identité des personnes visibles sur la vidéo, présentées dans un premier temps comme des fans de rugby, reste également à définir avec certitude.

Source : Le Huffington Post – Publié le 10.11.2019
Vidéo de une : Dailymotion

 

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