A écouter : Ile de La Réunion ~ Pourquoi d’une année à l’autre, le nombre de baleines n’est pas le même près de nos côtes ?

Depuis plusieurs mois, Globice a lancé son podcast, « Les Sons de l’Hydrophone », qui explore le monde des cétacés. Cette semaine, le podcast s’intéresse à la différence de fréquentation d’un endroit par les baleines, d’une année à l’autre. A La Réunion par exemple, cette saison 2019 a vu un faible nombre d’individus approcher l’île, alors que l’année précédente avait été considérée comme « exceptionnelle ».

Chaque année, lors de l’hiver austral, de juin à octobre, les eaux réunionnaises accueillent ces grandes migratrices que sont les baleines à bosse. Si pendant l’été austral, elles se nourrissent dans les zones polaires, en Antarctique, en hiver, c’est dans les zones tropicales de l’océan indien qu’elles viennent se reproduire.

Depuis 2004, Globice s’intéresse aux variations de fréquentation des baleines à bosse autour de La Réunion, et a constaté que d’une saison à l’autre, le nombre de cétacés n’était jamais le même. C’est pourquoi des années comme 2015 ou 2016 sont marquées par des très faibles fréquentations, et d’autres comme 2017 ou 2018 sont considérées comme, au contraire, exceptionnelles.

Ce qui provoque ces différences de fréquentation est encore un mystère, que le projet ET.CET.R.A cherche à élucider, en analysant les facteurs qui pourraient influencer le trajet de ces cétacés. Il s’agit notamment d’étudier les conditions environnementales sur les zones de nourrissage en Antarctique, telles que la température de l’eau, la salinité, la présence de chlorophylle, l’indice El Nino…

Les premiers résultats préliminaires des modélisations effectuées ont indiqué qu’il y avait un potentiel lien entre la concentration en chlorophylle A en Antarctique et la migration en plus ou moins grand nombre des baleines dans l’océan indien.

Le podcast de ce mois-ci reçoit, pour des explications à ce sujet, Alexandre Modi, qui a réalisé ces modélisations chez Globice, et nous explique sa démarche et ses résultats.

Grâce aux données de la NASA, les chercheurs ont étudié la variable environnementale de la présence de la chlorophylle et la température de surface des mers.

Pourquoi la chlorophylle ? Tout simplement parce qu’il s’agit là d’un composant du phytoplancton, mangé par le krill (zooplancton), qui lui-même constitue la nourriture de la baleine. Et la température ? Le phytoplancton sous la glace, et donc la chlorophylle, se libère lors de la fonte des glaces. Si la glace ne fond pas, il n’y a pas de chlorophylle, et donc pas de krill adulte pour nourrir les baleines.

« Si les baleines peuvent mieux s’alimenter, elles peuvent réaliser une migration vers La Réunion », explique Alexandre Modi.

Mais les choses ne sont pas si simples : ce n’est pas parce qu’une année a été riche en chlorophylle dans l’Antarctique que les mois suivants, les baleines seront nombreuses dans les eaux réunionnaises :  la durée de croissance du krill – les baleines consomment le krill adulte – étant de 24 mois, il faudrait considérer que la concentration en chlorophylle dans l’Antarctique est déterminante pour l’arrivée des baleines à La Réunion deux ans et demi avant.

Alexandre Modi a par ailleurs déterminé deux zones de nourrissage probables des baleines, sous l’Afrique du Sud et à mi-chemin entre l’Australie et La Réunion. Des zones qui détermineraient la venue ou non des baleines près de chez nous.

Les explications complètes à écouter dans le podcast !  

Source : clicanoo.re, le 02.12.2019
Photo : Christopher Michel ~ commons.wikimedia.org

 

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