Australie ~ Les conséquences des incendies sur l’océan

Les incendies font rage et continuent à consumer l’Australie, et ce, depuis désormais cinq mois. Sur internet, les photos de koalas aux pieds brûlés bouleversent le monde entier. Pourtant, les petits marsupiaux amateurs d’eucalyptus ne sont pas les seuls à être touchés par des incendies, et des centaines d’espèces voient leur environnement naturel détruit.

Le bilan actuel est catastrophique : plus d’un milliard d’animaux sont morts à cause des incendies. Selon Chris Dickman, professeur à l’Université de Sydney, les dommages subis par l’environnement sont majeurs. Pour l’instant, les recherches sur les conséquences à long terme se font rares, et la situation est si grave que l’Australie remue ciel et terre pour protéger ses écosystèmes, ses habitants et leurs foyers. Mais pour la plus grande île du monde, une question demeure : quelles répercussions ces incendies vont-ils avoir sur les océans ?

Cela ne saute peut-être pas aux yeux, mais dans la nature, chaque acte a des conséquences. Alors que les incendies se propagent à travers l’Australie, les ressources et les écosystèmes marins du pays seront sans doute eux aussi touchés par les flammes. En fait, selon de nombreux scientifiques, le changement climatique est la première cause de ces incendies dévastateurs. Comment ? C’est tout simple : l’Australie connaît son année la plus chaude et la plus sèche jamais enregistrée. La terre se réchauffe, et sans surprise, les océans aussi.

Le réchauffement climatique a plusieurs répercussions sur l’océan, notamment l’augmentation du niveau de la mer (et les inondations qui s’ensuivent), l’augmentation des températures ou encore l’augmentation de l’acidité de l’eau. En réalité, l’océan est un énorme puits de carbone, ce qui signifie qu’il absorbe une grande partie du dioxyde de carbone (environ un tiers) produit par la combustion de combustibles fossiles, la déforestation, l’UTCATF (Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie) et la fabrication de ciment (entre autres). Mais vous l’aurez deviné, une autre source importante de production de carbone est… les feux de forêt.

Lorsqu’un incendie se déclenche, cela libère du dioxyde de carbone (CO2), généré par la combustion. Tout ce dioxyde de carbone doit aller quelque part, et l’océan agit alors comme une éponge, absorbant le CO2, qui rend l’eau de l’océan plus acide. Les espèces marines ayant des squelettes et des coquilles en carbonate de calcium, comme les coraux et les crustacés, ne raffolent pas particulièrement de ce bain d’acide, puisque l’acidification rend leurs squelettes et leurs coquilles plus minces, plus fragiles et complètement cassables.

L’Australie a toujours suscité l’admiration pour son étonnante biodiversité marine, avec de nombreuses espèces inexistantes ailleurs dans le monde. Parmi ces espèces, une grande majorité est également cruciale sur le plan commercial. En 2015, la production australienne de fruits de mer s’élevait à 246 100 tonnes. Pour un pays à ce point dépendant de la pêche, le fait que les huîtres, les crustacés, les ormeaux et les pétoncles ne puissent plus compter sur leur coquille de calcium pour les protéger est une bien mauvaise nouvelle. Malgré tout, tout n’est pas perdu : des recherches menées en Nouvelle-Galles-du-Sud pourraient avoir trouvé une solution. Des scientifiques ont en effet découvert que l’ostréiculture ciblée d’huîtres d’élevage pourrait permettre de créer des souches mieux adaptées aux conditions d’acidification.

Une autre étude a pour but d’examiner les répercussions des cendres des incendies sur les écosystèmes marins. En effet, les métaux lourds et autres matériaux présents dans les bâtiments et les voitures se retrouvent en effet dans l’océan par l’intermédiaire des cendres, ce qui peut avoir des conséquences sur le phytoplancton qui, à son tour, affecte le reste du réseau alimentaire marin. La recherche sur ce sujet est délicate, mais les récents incendies dévastateurs en Californie et en Australie poussent les scientifiques à se pencher sur la question.

Source : Forbes – Publié le 13.01.2020
Photo de une : Pixabay

 

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