Les écologistes invoquent la présence de bélugas pour stopper l’exploration pétrolière en Alaska

Deux groupes environnementaux ont annoncé le 31 janvier leur intention de poursuivre l’administration nationale des océans et de l’atmosphère américaine (NOAA) pour annuler un permis autorisant l’exploration pétrolière dans les eaux de Cook Inlet utilisées par les bélugas, une espèce menacée.

Fin janvier, le Service national des pêches maritimes (NMFS) de la NOAA a publié une nouvelle estimation de la population montrant que les baleines sont moins nombreuses et déclinent plus rapidement qu’on ne le pensait.

Selon la nouvelle estimation, il ne reste que 279 bélugas à Cook Inlet, a annoncé le NMFS. La population, qui était d’environ 1 300 en 1979, a décliné à un taux annuel de 2,3% au cours de la dernière décennie, plus de quatre fois plus vite qu’on ne le pensait auparavant, selon le NMFS.

« Les nouveaux chiffres sont assez décourageants », a déclaré Julie Teel Simmonds, avocate au Centre pour la diversité biologique, l’un des plaignants poursuivant la compagnie d’Energie Hilcorp pour interrompre l’exploration prévue à Cook Inlet. « Ils ont le devoir de reconsidérer et d’analyser à partir de nouvelles informations le tort causé par ces activités », a-t-elle déclaré en se référant au NMFS.

Permis d’exploration

L’administration Trump a annoncé en août dernier qu’elle allait changer la façon dont la loi sur les espèces en voie de disparition est appliquée, ce qui rendrait plus difficile la protection de la faune sauvage contre les multiples menaces posées par le changement climatique.

Les écologistes estiment que les règles révisées ouvrent la voie à de nouveaux forages miniers, pétroliers et gaziers et à des développements dans les zones où vivent des espèces protégées.

Cook Inlet, qui fournit de l’énergie pour le centre-sud de l’Alaska, s’étend sur 290 km d’Anchorage jusqu’au golfe d’Alaska.

L’année dernière, le NMFS a accordé le permis d’exploration à Hilcorp, une entreprise privée.

Les bélugas de Cook Inlet nagent dans les eaux de la région la plus peuplée de l’Alaska. Ils mangent du saumon et d’autres poissons et, lorsqu’ils se rassemblent pour des séances d’alimentation près du rivage, ils attirent de nombreux touristes.

Des ouvertures prochaines

Leur pérennité est rendue précaire par leur proximité avec le centre urbain de l’Alaska et les activités industrielles de Cook Inlet, le canal alimenté par les glaciers qui se jette dans le golfe d’Alaska. Selon la NOAA, les menaces actuelles incluent le trafic maritime intense, le bruit industriel, la pollution, le changement climatique, les maladies et les catastrophes naturelles.

La région de Cook Inlet est le plus ancien bassin pétrolier de l’Alaska, avec des forages qui remontent aux années 1950. Hilcorp est devenue en 2017 la première compagnie pétrolière en deux décennies à acquérir des baux dans les eaux fédérales de Cook. La société prévoit de commencer le forage d’exploration sur ces baux dès février et de commencer les levés sismiques dès avril, selon un document NMFS publié l’année dernière dans le Federal Register.

L’administration Trump prévoit une autre ouverture aux industriels du pétrole des eaux fédérales de Cook Inlet l’année prochaine. Julie Teel Simmonds a qualifié le plan d‘« alarmant » et a déclaré que les écologistes le combattraient.

Source : Zegreenweb – Publié le 04.02.2020
Photo de une : Pixabay

 

Canada ~ Un chasseur de phoque des Îles-de-la-Madeleine attaqué et blessé
Mexique ~ 292 tortues meurent victimes d'une "marée rouge"

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *