Une association américaine crée un lieu de retraite pour les cétacés des parcs d’attraction

Alors que les consciences s’éveillent et que les protestations s’élèvent contre la détention d’animaux marins en captivité, peu de mesures sont prises pour les réintroduire à la vie sauvage. L’association américaine « Whale Sanctuary Project » prévoit de créer, en 2021, le premier sanctuaire pour les baleines et les dauphins issus des parcs d’attraction.

En juin 2019, le Canada interdisait la détention de cétacés en captivité, et plus précisément la capture et l’élevage de ceux-ci. Mais si la « Free Willy Bill », comme on l’appelle, réjouit les défenseurs des animaux, elle pose aussi une question de taille. Où vont être placés les cétacés qui partent à la retraite ?

Pour le moment, la majorité d’entre eux restent dans des aquariums en béton, dans lesquels leurs conditions de vie sont déplorables. Un retour à la vie sauvage, pour ces individus qui n’ont, pour certains, jamais connu la liberté, est impensable. L’organisation « Whale Sanctuary Project » entend donner une réponse adéquate à cette question.

Le « Whale Sanctuary Project »

Organisation basée aux États-Unis, elle est la première en Amérique du Nord à proposer la création de sanctuaires marins pour les populations de baleines et de dauphins vieillissantes, issues des parcs d’attraction. Si de nombreuses réserves ont déjà été fondées pour les mammifères terrestres provenant de zoos ou de cirques, ce n’est pas encore le cas pour les cétacés.

L’organisation s’est donc mise à la recherche d’espaces, le long des côtes, qui pourraient accueillir les baleines et les dauphins rescapés. À l’abri de ceux-ci, ils pourront profiter d’un « environnement qui donne la priorité à leur bien-être et leur autonomie et se rapproche le plus possible de leur habitat naturel ». C’est ainsi que l’équipe décrit les sanctuaires marins qui vont être créés. Ceux-ci pourront également accueillir, pour un temps, les bélugas, les orques ou les dauphins, sauvés en pleine mer et qui nécessitent des soins réguliers.

Une petit ville canadienne comme terrain de test pour le premier sanctuaire

Après avoir exploré les côtes de l’État de Washington et de la Colombie-Britannique, c’est finalement dans une baie bien protégée, près de la petite ville de Port Hilford, située en Nouvelle-Écosse à l’est du Canada, que le premier sanctuaire sera créé. Il s’agissait de trouver un endroit, à l’abri des tempêtes et des températures trop extrêmes, qui puisse « maximiser les opportunités d’autonomie, d’exploration, de jeu, de repos et de socialisation » pour les cétacés.

L’organisation va ensuite sécuriser le site et poser un filet à l’entrée de la baie pour fermer le sanctuaire. Celui-ci regorge de vie marine et pourra fournir, en quantités suffisantes, de la nourriture et des interactions pour les individus qui y seront réintroduits. Des soigneurs seront présents pour faire face avec eux aux premiers stress, induits par la découverte de la vie sauvage, en leur apportant de la nourriture et des soins médicaux. Si tout se passe bien, un premier groupe de huit bélugas devrait arriver dans le sanctuaire en 2021.

La population sur place s’est déclarée favorable au projet et désireuse d’aider à sa réalisation. Dans le futur, le sanctuaire pourra être ouvert au public avec un encadrement strict. Des programmes de sensibilisation et d’éducation seront également mis en place pour différentes audiences. Un premier test que l’on espère probant, afin qu’il soit diffusé plus largement par la suite.

Source : 7 sur 7 – Publié le 05.04.2020
Vidéo de une : Vimeo

 

Note de Réseau-Cétacés : contrairement à ce qui est indiqué dans l’article, il ne s’agit pas du 1er sanctuaire d’accueil pour cétacés issus de la captivité. Un a vu le jour, l’an dernier en Islande, et se destine à accueillir 2 bélugas d’ici très peu de temps et d’autres projets sont en cours, notamment sur l’Ile de Lipsi en Grèce.

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