Échouages de cétacés sur le littoral français

1000 C’EST LE NOMBRE D’ÉCHOUAGES QUI A ÉTÉ SIGNALÉ DEPUIS LE DÉBUT DE L’ANNÉE SELON L’OBSERVATOIRE PELAGIS.

Si ce chiffre inquiète, c’est parce qu’il est en constante augmentation depuis plusieurs années.

En effet, depuis le début de 2020, on retrouve plusieurs mammifères marins échoués sur nos plages. On a pu observer différentes espèces de phocidés et de delphinidés (voir cartes interactives et graphes ici).

  • QUELLES SONT LES CAUSES ?

Il faut savoir que certains animaux s’échouent volontairement. C’est par exemple le cas des phoques, qui viennent tout simplement se reposer avant de repartir chasser. C’est aussi le cas de deux populations de cétacés au comportement très singulier : celle d’orques vivant en Argentine qui viennent jusque sur la plage pour attraper les otaries et autres pinnipèdes, et celle de dauphins vivant en Australie qui encerclent leurs proies jusqu’à les piéger sur le sable. (vidéo)

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Photo 1 – Une orque de Patagonie chassant des otaries sur la plage.

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Malheureusement, ces échouages peuvent avoir des causes un peu moins joyeuses.

Elles peuvent être d’origine naturelle, c’est-à-dire causées par des maladies, par la vieillesse ou encore par des phénomènes environnementaux comme les variations de température, les conditions météorologiques ou les anomalies géomagnétiques (changements
dus aux cycles solaires et lunaires – article ici).

Elles peuvent également être d’origine anthropomorphique. Ceci est dû au fait que les humains et les cétacés convoitent les mêmes poissons. La raréfaction des denrées alimentaires obligent aussi les mammifères marins à se rapprocher de nos côtes.

C’est ainsi que les cétacés se retrouvent exposés à plusieurs dangers :

  • Les captures accidentelles → elles sont aussi appelées prises accessoires. Cela se produit lorsque les animaux se retrouvent coincés dans un filet. S’ils n’arrivent pas à s’en dépêtrer, ils finissent par se noyer. Les dangers de la pêche feront l’objet d’un prochain article.
  • La pollution → qu’elle soit chimique (par exemple les dérivés du DTT qui proviennent des pesticides) ou plastique, les rejets urbains causent de nombreux problèmes chez nos amis cétacés.
  • Les collisions → le trafic maritime étant très dense, il n’est pas rare de retrouver des animaux échoués suite à une collision avec un bateau.
  • Le bruit sous-marin → même si nous ne l’entendons pas lors de nos baignades, les mers et océans sont soumis à un bruit constant. Celui-ci est dû à plusieurs activités maritimes comme le transport, les constructions en mer, l’exploitation du gaz et du pétrole ou encore, les activités militaires. Ces dernières peuvent être encore plus néfastes à cause de la diffusion de sonars, qui désorientent les cétacés.

Il faut savoir que ce bruit océanique peut se propager sur plus d’une centaine de kilomètres et qu’il peut blesser ou rendre sourd un animal, voire le tuer.

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Photos 2 et 3 – Un marsouin enchevêtré dans un filet de pêche et un des sept cachalots retrouvés décédés et échoués sur la côte Foce Varano en Italie suite à des recherches d’hydrocarbures au pistolet à air.

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  • QUELLES SOLUTIONS EXISTENT AUJOURD’HUI ?

Tous ces incidents ne sont pas vraiment nouveaux. C’est pourquoi des solutions ont été développées pour les éviter.

Plusieurs sanctuaires marins ont été créés, ce qui permet la protection des cétacés qui les côtoient. L’utilisation de ces espaces par les navires est fortement contrôlée et réglementée. En France, il existe par exemple le sanctuaire Pelagos (mer Méditerranée).

Des actions de sensibilisation et des formations ont également été créées. C’est notamment une des missions du label High Quality Whale Watching® : former les professionnels exerçant cette activité pour une observation plus respectueuse des cétacés dans leur milieu naturel.

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Photo 4 – Pour le bien-être des animaux, l’observation en milieu naturel doit se faire en respectant certaines règles comme la distance.

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En 2018, l’outil REPCET® a été développé pour éviter les collisions. Celui-ci permet de localiser en temps réel les cétacés et ainsi d’informer les utilisateurs de leur présence ou non sur leur chemin. Les navires peuvent alors modifier leur vitesse ou leur trajectoire si besoin.

  • QUE FAIRE SI ON TROUVE UN ANIMAL ÉCHOUÉ ?

Si vous trouvez un animal échoué sur la plage, qu’il soit mort ou vivant, vous devez tout de suite alerter les personnes compétentes au 05 46 44 99 10. Vous trouverez aussi toutes les informations nécessaires, comme la bonne attitude à adopter dans cette situation, dans notre rubrique.

  • QUE SE PASSE-T-IL APRÈS ?

Une fois le réseau national d’échouage (RNE) alerté, des professionnels vont se rendre sur place pour faire un état des lieux de la situation.

Si l’animal est vivant, une remise à l’eau peut être tentée. Si l’animal est décédé, il va être amené dans un laboratoire pour qu’une nécropsie soit réalisée. C’est une étape très importante car elle va permettre de déterminer la cause de la mort de l’animal. Elle va également être essentielle pour compléter les données de recherche sur les cétacés.

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Photo 5 – Sauvetage d’une baleine à Bilbao, en Espagne.

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En effet, grâce à ces autopsies, il va être possible de déterminer l’âge, le sexe, le statut reproducteur, l’alimentation, la parenté et la génétique de l’animal. Toutes ces informations vont ainsi permettre de mieux comprendre la structure sociale, la répartition, la démographie et la fréquentation des zones côtières des cétacés.

Enfin, des analyses virales, bactériologiques et parasitologiques sont réalisées pour mieux comprendre les menaces naturelles qui pèsent sur les mammifères marins.

  • CE QUE JE PEUX FAIRE À MON ÉCHELLE 

Chacun de nous peut faire quelque chose pour limiter les nuisances aux cétacés. Parmi les exemples :

  • Acheter localement : les navires marchands sont source de pollution sonore il faut donc éviter, au maximum, les achats nécessitant du transport maritime.
  • S’il n’est pas possible de l’éviter, il convient de limiter sa consommation de poisson. L’application « Planète Océan » vous guidera également pour une consommation responsable.
  • Il est aussi indispensable de veiller à limiter drastiquement sa consommation de plastique en choisissant des alternatives (sacs en tissu, gourdes, etc…) et en évitant d’acheter des produits sur-emballés. En effet, les emballages plastiques peuvent se retrouver dans les océans. A ce stade, ils peuvent être ingérés par la faune marine et la contaminer.

LES ÉCHOUAGES PEUVENT DONC AVOIR DES CAUSES NATURELLES, MAIS CE N’EST PAS TOUJOURS LE CAS. AUJOURD’HUI, NOMBRE D’ASSOCIATIONS AGISSENT POUR LA PROTECTION DES CÉTACÉS COMME NOUS LE FAISONS AU SEIN DE RÉSEAU-CÉTACÉS. GARDEZ A L’ESPRIT QUE SI VOUS TROUVEZ UN ANIMAL ÉCHOUÉ, IL EST IMPORTANT DE NE PAS LE TOUCHER ET DE LAISSER LES PERSONNES COMPÉTENTES S’EN OCCUPER.

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