Entretien avec un chasseur de baleines…

Islande : Kristjan Loftsson, chasseur de rorquals et anti-UE

REYKJAVIK – Kristjan Loftsson, patron de la compagnie baleinière islandaise Hvalur (baleine), pense que ses compatriotes refuseront l’adhésion de l’Islande à l’Union européenne car elle mettrait fin à la chasse à la baleine, une tradition ancestrale dans cette île de l’Atlantique nord. Chasseur de baleines depuis l’âge de 13 ans, ce sexagénaire dirige la seule entreprise de l’île autorisée à chasser le rorqual avec ses deux navires-baleiniers, les Hvalur 8 et Hvalur 9, et ses quelques 150 employés. Q : » Le gouvernement islandais envisage d’adhérer à l’Union européenne. La poursuite de la chasse à la baleine est-elle dans ce cas menacée ? R : »Je ne serais pas surpris et il est même très vraisemblable que la chasse à la baleine soit stoppée. Mais je suis très sceptique sur la possibilité d’adhésion de l’Islande à l’UE dans un futur proche. Je pense que la nation islandaise est suffisamment informée pour dire non à l’Europe (un référendum est prévu à la fin du processus, ndlr). Non pas pour défendre les intérêts de la chasse à la baleine mais dans l’intérêt de toute l’industrie de la pêche ». Q: Le gouvernement islandais a considérablement augmenté cette année les quotas de prise de cétacés, passant de 9 à 150 rorquals. Qu’en faites-vous et combien cela vous rapporte-t-il ? R: »La viande et une partie de la graisse de baleine sont congelées et exportées pour la consommation, par les Japonais surtout, via Asia Trading CO. Les os sont broyés pour faire des farines animales. Récemment, Greenpeace a dit avoir interviewé le directeur de cette compagnie qui aurait assuré que la consommation de baleine au Japon était en déclin. C’est faux, et c’est un montage. Chaque baleine assure un revenu qui dépend de sa taille et de son âge. Nous n’aurions pas cette activité sans profit à la clef. La chasse à la baleine est comme toute industrie : elle crée des emplois, apporte des revenus et des devises. Ce dont le pays a besoin maintenant ». Q: Ne craignez-vous pas une extinction des espèces de baleines menacées, dénoncée par de nombreux pays et ONG ? R: »Notre entreprise chasse les baleines depuis 1948 et les Islandais pensent que si les réserves le permettent, la chasse peut continuer. Il s’agit simplement d’une ressource naturelle que nous pouvons exploiter. Il y a près de 20.000 rorquals dans les mers d’Islande. Si l’on en chasse 150 dans l’année (le quota autorisé, ndlr) ça ne fera pas une grande différence. Nous pensons qu’en septembre nous l’aurons atteint. »(AFP : 19 juin 2009) Islande.bmp

Photo AFP

Dans le même temps, les dépouilles des 2 premiers grands rorquals chassés arrivaient à Akranes (côté ouest de l’Islande)… « Immédiatement, ces grands rorquals – ou rorquals communs – ont été dépecés et découpés afin de séparer la graisse de la viande. Une viande goûtée sur place dans la foulée par des inspecteurs pour en évaluer la qualité. »

Voir l’article en rapport sur : TV5 Monde

 

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