[ 🇬🇧 Traduction – Caraïbes : Trois orques de plus tuées par les chasseurs à Saint-Vincent ]

L’équipage qui a harponné et tué trois orques au large de Barrouallie, une ville de l’ouest de Saint-Vincent, a défendu son acte, en expliquant l’importance de cette chasse pour la subsistance des villageois, et en faisant valoir qu’aucune loi locale n’avait été enfreinte.

Trois orques, un mâle et deux femelles, mesurant neuf et sept mètres, ont été capturées alors qu’elles dispersaient un groupe de globicéphales tropicaux traqués par les chasseurs, a indiqué lundi à iWitness News Samuel Hazelwood, le capitaine de l’équipage.

Samuel Hazelwood, chasseur de cétacés depuis plus de trente ans, était interviewé par iWitness News, entouré d’employés hostiles travaillant dans ce secteur, occupés à découper les carcasses destinées à la revente.

Il se disait conscient de la mauvaise image découlant de la mise à mort des orques, mais il faisait remarquer que le gouvernement n’avait encore adopté aucune loi interdisant cette pratique, malgré la promesse faite par le Premier ministre Ralph Gonsalves en avril 2016.

« Le Premier ministre a dit vouloir interdire l’abattage des orques. Je pêche depuis une trentaine d’années, et je croise les vieux pêcheurs qui ont chassé les épaulards. On nous parle d’espèce en danger d’extinction, mais si vous faîtes des recherches sur YouTube et Facebook, vous apprenez que ce n’est pas une espèce en danger… » a déclaré Samuel Hazelwood à iWitness News.

En avril 2016, en plein tollé local et international suite au harponnage et à la mise à mort de deux orques par les chasseurs, sous les yeux d’un groupe d’observateurs de cétacés, Gonsalves avait annoncé que son gouvernement adopterait une loi interdisant l’abattage des orques.

Samuel Hazelwood a affirmé que les chasseurs de Barrouallie auraient respecté cette loi si elle avait été adoptée.

« Le Premier ministre a dit qu’il nous imposerait une interdiction. Chaque fois qu’une interdiction est instaurée, comme celle de capturer des tortues, et comme ils comptent le faire pour les orques, nous la respectons. Mais aucune loi à ce jour ne nous empêche de les capturer. Nous faisons ça depuis des siècles… » a déclaré Samuel Hazelwood à iWitness News.

« Chaque fois qu’une interdiction est instaurée, nous ne faisons aucun problème ».

Il explique que le dimanche, son frère l’avait appelé pour l’avertir qu’il poursuivait un groupe de globicéphales.

« Alors que nous chassions le poisson noir, les orques ont surgit et ont commencé à les courser dans les fonds, de sorte que nous ne pouvions plus les attraper. Quand vous voyez les orques, la vie devient très difficile. »

Samuel Hazelwood a accusé le Premier ministre de ne pas se préoccuper du sort des chasseurs de Barrouallie, et des personnes qui gagnent leur vie grâce à ce commerce.

« Beaucoup de gens dépendent de cette activité à Barrouallie. Ces orques capturées aujourd’hui vont faire gagner de l’argent à une centaine de personnes. Tous les magasins vont en bénéficier, c’est de l’argent bien gagné. »

Samuel Hazelwood a expliqué que les os et les intestins sont les seules parties du corps des cétacés qui sont jetées.

« Tout le reste est vendu : les dents, tout. » a-t-il souligné.

A Saint-Vincent-et-les Grenadines, la viande des cétacés est cuisinée fraîche, ou séchée. Leur huile est utilisée dans le traitement de certaines affections. Après friture, une fois l’huile retirée, la graisse qui subsiste, alors appelée « chips », est consommée en en-cas.

Samuel Hazelwood a également expliqué à iWitness News que les pêcheurs partaient en mer tous les jours, mais qu’ils ne rencontraient des orques que quatre fois par an.

Il a toutefois souligné que lorsque les orques sont dans les parages, les chasseurs peuvent rester deux mois sans capturer des globicéphales.

Au nom d’une tradition séculaire adoptée par une nation éparpillée sur plusieurs îles, les chasseurs de Barrouallie tuent des globicéphales tropicaux.

À Bequia, une île située au nord des Grenadines, la Commission Baleinière Internationale autorise aux chasseurs la prise annuelle de quatre baleines à bosse, au nom de leur tradition séculaire. Cependant, il arrive que les chasseurs restent plusieurs années sans tuer.

Depuis 2015, si l’on ajoute ces quatre orques abattues dimanche, les chasseurs de Barrouallie sont responsables de la mort de neuf cétacés.

Un acteur du secteur de la chasse au cétacé, souhaitant garder l’anonymat, a déclaré lundi à iWitness News qu’il était peu probable que le Parti travailliste uni, dirigé par Ralph Gonsalves, adopte une loi interdisant l’abattage des orques avant les prochaines élections.

Le gouvernement de Ralph Gonsalves est dans son deuxième mandat consécutif, et il est majoritaire par un siège au parlement national. Selon la personne anonyme interrogée par iWitness News, les chasseurs de Barrouallie et leurs proches sont de fervents partisans du Parti travailliste uni actuellement au pouvoir.

Elle ajoute qu’interdire l’abattage des orques reviendrait à enlever la nourriture de la bouche des chasseurs, et des personnes bénéficiant de cette activité, qui sanctionneraient alors le gouvernement aux prochaines élections.

En attendant, s’exprimant à la radio en avril 2016, quelques jours après l’annonce faite par IWitness News du décès des orques, Ralph Gonsalves avait condamné l’acte des chasseurs.

« … c’est inacceptable. Pas seulement parce que c’est arrivé sous les yeux des touristes, mais parce ces chasseurs ne doivent pas tuer les orques. »

Le Premier ministre a constaté l’existence d’une interdiction internationale du massacre des grands dauphins et des orques, et Saint-Vincent-et-les Grenadines l’a signée.

Il a également relevé qu’en juillet 2015, quatre épaulards avaient été tués dans la ville principale de Leeward.

« Et en ce qui concerne la quatrième orque, ils avaient eu tellement de viande qu’une partie avait pourri » a déclaré Ralph Gonsalves.

« Il adviendra qu’une loi sera instaurée pour arrêter cette tuerie. Cela constituera une infraction, comme nous avons fait pour les tortues », a déclaré Ralph Gonsalves, dont le gouvernement a interdit, depuis le 1er janvier 2017, le massacre des tortues, la récolte de leurs œufs ou l’altération de leurs nids.

 

© Traduction française par Réseau-Cétacés

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Source : Un article de Kenton X – Publié le 16 avril 2018 sur iWitness News
Source vidéo : Youtube

 

 

 

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