Que devient une baleine une fois échouée sur nos côtes ?

Un rorqual commun s’est échoué sur une plage du Finistère mardi 13 août. Que se passe-t-il une fois que la présence de ce mammifère marin d’une taille considérable a été signalée sur les côtes ?

Un rorqual commun de 12 mètres de long s’est échoué mardi 13 août sur la plage du Ster, à Penmarc’h (Finistère). La plage a été interdite à la baignade pour des raisons sanitaires et un cordon de sécurité est mis en place pour une l’autopsie de l’animal. Ces opérations sont prises en main par le Parc naturel marin de la mer d’Iroise. Objectif : déterminer les causes de la mort, collision avec un navire ou mort naturelle par exemple.

Les équipes du Réseau national d’échouage, habilitées à pratiquer des examens post-mortem sur les espèces protégées, vont tout d’abord « observer l’animal pour tenter de repérer des signes extérieurs de collision avec un navire. Il peut s’agir d’hématomes ou de fractures, explique Olivier Van Canneyt, biologiste à l’Observatoire Pelagis de la Rochelle. Cette observation est complétée par celle de la couche de gras qui, si elle est insuffisante, peut témoigner d’une mauvaise santé du cétacé ». Seule certitude à cette heure : le cétacé n’était pas vivant lorsqu’il s’est échoué.

Appel à l’Observatoire Pelagis

Les biologistes procèdent ensuite à un examen interne et à un prélèvement d’organes au moment de l’équarrissage de l’animal. « Le fait d’observer si la baleine a le ventre plein, ou si elle a des parasites nous donne une idée sur son état de santé », précise le biologiste. Les organes seront ensuite envoyés à l’Observatoire Pelagis où ils seront analysés et conservés. Comme c’est le cas pour tous les cétacés échoués.

« Cette banque de prélèvements permet d’assurer un suivi des populations et de comprendre la biologie des espèces, détaille Olivier Van Canneyt. Ainsi, nous arrivons à déceler des contaminations spécifiques, aux métaux lourds par exemple, ou des anomalies dans la mortalité. Comme en 2007, année record des échouages de rorquals tous victimes d’une épidémie ».

Six rorquals échoués

La jeune rorqual (Balaenoptera physalus) – adulte ils mesurent entre 17 et 20 mètres – qui vient de s’échouer en Bretagne appartient à une population de près de 8 000 individus vivant au large du golfe de Gascogne. Une zone riche en krill et en plancton : la nourriture préférée de ce mammifère marin. Cette espèce protégée, dont la population est cependant en constante augmentation, ne s’approche jamais des côtes.

Depuis le début de l’année, « nous avons déjà compté cinq rorquals échoués sur la façade atlantique », regrette Olivier Van Canneyt. De la même façon, en juin, la carcasse d’un rorqual de 17 mètres s’était échouée sur une plage de la presqu’île de Crozon (Finistère).

Source : la-croix.com, le 14.08.19
Voir également : Que faire en cas d’échouage d’un cétacé ?
Photo : Rogers Cadenhead – commons.wikimedia.org

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