Nouvelle année record pour les échouages de dauphins dans le golfe de Gascogne

Triste record pour l’année 2019. Jamais depuis que l’observatoire Pélagis compte, autant de dauphins ne s’étaient échoués sur les côtes du golfe de Gascogne. Plus de 1200 petits cétacés (dauphins communs et marsouins) ont été retrouvés mort sur les plages du Finistère au Pays Basque en 2019.

Triste record pour l’année 2019. Jamais autant de dauphins ne s’étaient échoués sur les côtes du golfe de Gascogne. Plus de 1200 petits cétacés (dauphins communs et marsouins) ont été retrouvés mort sur les plages du Finistère au Pays Basque selon l’observatoire Pélagis, laboratoire sous la houlette du CNRS et de l’Université de La Rochelle en charge de l’étude des échouages de mammifères marins. Un décompte pas tout à fait complet, car les chiffres de décembre n’ont pas encore été compilés.

« On est monté un cran au-dessus »

Depuis 4 ans, chaque année, le record est battu. Alors si scientifiquement, il n’y a pas pas pour l’instant d’explication à ce phénomène, ce que les scientifiques de l’observatoire Pélagis savent, c’est que 80% des dauphins retrouvés mort sur les côtes, sont victimes de prises de pêche accidentelles.

« Dans les années 90, on avait eu jusqu’à 600, 700 échouages sur la côte Atlantique. Et c’est vrai que là, depuis 2016, on est plutôt autour d’un millier. On est monté un cran au-dessus », détaille Olivier Van-Canneyt, biologiste marin à l’observatoire Pélagis.

Et ce ne serait que la partie immergée de l’iceberg. Via des projections d’observations, notamment à bord, les scientifiques estiment que pour 1200 dauphins retrouvés échoués en 2019, ce pourrait être jusqu’à 10 000 qui ont péri dans des filets de pêche du golfe de Gascogne en 2019. Dans les eaux européennes, la population de dauphin est estimée à 400 000 ou 500 000 spécimens.

Depuis un an, tous les pêcheurs professionnels ont obligation de déclarer leurs prises accidentelles de mammifères marins. Face à l’estimation du réseau Pélagis de 10 000 prises accidentelles en 2019, l’écart avec les déclarations officielles est d’ailleurs troublant. Peut-être explicable par un problème de logiciel, nous expliquait un représentant de la pêche. En 2019, les pêcheurs du golfe de Gascogne, selon le ministère de l’Agriculture que nous avons interrogé, ont déclaré avoir capturé accidentellement huit cétacés dans leurs filets.

Mise en danger de l’espèce ?

Pourquoi les échouages augmentent ? Pêcheurs et scientifiques s’accordent sur une chose. Il n’y a pas plus de bateaux de pêche qu’avant dans le golfe de Gascogne.

« Peut-être que les techniques de pêche ont évolué », lance comme une hypothèse Olivier Van-Canneyt. « Peut-être que les dauphins communs sont plus nombreux dans le golf qu’avant ». C’est ce que disent aussi les pêcheurs.

Pour l’heure, l’espèce n’est pas menacée. Mais avec une telle mortalité accidentelle, le biologiste marin du réseau Pélagis estime qu’elle pourrait l’être à moyen terme. La pêche commence à se mobiliser, tout en étant montrée du doigt.

Un début de réponse ? 

Scientifiques et pêcheurs tentent de trouver des solutions. Comme le pinger. Une boîte fixée sur le dispositif de pêche qui envoie des signaux acoustiques pour faire fuir les dauphins. Dispositif visiblement efficace, bien que controversé et coûteux. Les bateaux équipés pêcheraient 60 % de dauphin en moins.

Depuis ce mercredi 1er janvier, le pinger est devenu obligatoire par arrêté ministériel pour la période de pêche jusqu’au printemps. Mais pour une toute petite catégorie de bateaux. Une grosse dizaine de chalutier pélagique français de plus de 12 mètres dans le golfe de Gascogne. Ces filets tractés ne seraient responsables que de 4 % des prises accidentelles de dauphin. Mais il y a aussi des centaines de bateaux de pêche avec d’autres genres de filets.

Par exemple à Capbreton, sur les 19 bateaux, aucun n’est soumis à l’obligation. Et pourtant, Patrick Lafargue, à la tête du syndicat de la profession confirme. Des dauphins, ils en attrapent.

« Qu’on pêche accidentellement des dauphins ou des marsouins, on ne peut pas le nier », explique le responsable syndical. « Cela fait partie du cycle de vie du pêcheur. On ne peut pas ne pas pêcher un seul cétacé. Ce n’est pas possible. On est au bout de la chaîne alimentaire. Les dauphins n’ont plus peur de nos bateaux. Ils sont là de plus en plus. Mais il n’y a pas que ça. Il y a le réchauffement climatique, il y a les parasites. Il ne faut pas toujours accuser les pêcheurs. A force, ça nous daille, ça nous emmerde. »

A Capbreton, le correspondant Pélagis a ramassé en 2019, 66 mammifères marins sur les plages. Deux fois plus qu’en 2018. En observant la décomposition de certains animaux, certains n’avaient pas été pêchés loin, explique le correspondant. Mais il n’accuse pas spécifiquement les pêcheurs locaux. Au large de Capbreton, il y a aussi, par exemple, beaucoup d’Espagnols.

Source : France bleue – Publié le 03.01.2020
Vidéo de une : Facebook Sea Shepherd

 

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