Inde ~ Les chercheurs de l’IIT de Madras contribuent à la hausse de la population des dauphins d’Irrawady

New Delhi : Des chercheurs de l’Institut Indien de Technologie (IIT) de Madras ont contribué à la restauration de l’écosystème du lac Chilika et à l’amélioration de sa biodiversité. Le site était autrefois inscrit sur la liste des zones menacées (Registre de Montreux). La restauration a démultiplié la population de poissons, favorisant ainsi la vie de milliers de pêcheurs résidant aux alentours.

La lagune de Chilika, vieille de plus de quatre-mille ans, est répartie sur les districts de Puri, Khurda et Ganjam dans l’Odisha. Les travaux de restauration ont contribué à augmenter de sept fois la production de poisson et à accroître la population des dauphins d’Irrawaddy, une espèce très menacée.

La restauration du lac

Les chercheurs ont mené des études d’imagerie géotechnique, hydraulique et satellite, et développé une méthodologie de dragage à faible impact sur l’écosystème du lac, pour localiser la cause principale de la dégradation. Selon un communiqué publié par l’Institut, le régime hydrodynamique de la lagune a été affecté en raison du déplacement de l’embouchure vers le nord-est, et de la réduction subséquente de quantité d’eau de mer dans le lac. Par conséquent, l’écologie, la biodiversité et l’économie de la région ont été également affectées. La présente étude porte sur l’intervention réalisée en octobre 2000 pour ouvrir l’embouchure dix-huit kilomètres plus au sud.

L’intervention de l’IIT de Madras et de chercheurs issus d’autres institutions a également profité à plus de deux-cents-mille pêcheurs vivant dans cent-trente-deux villages autour du lac. Elle a « entraîné une multiplication par sept des prises de poissons, et l’arrivée de touristes venus cohabiter avec l’écosystème du lac, avec un minimum de perturbations pour l’environnement. »

L’écosystème très riche du lac permet aux pêcheurs de subsister et participe également au drainage du bassin du fleuve Mahânadi. Le lac était dans un état dégradé et avait donc été inscrit dans la liste des zones menacées (Registre de Montreux) lors de la Convention de Ramsar en 1993. Une action urgente pour restaurer le lac était justifiée. « Suite au succès de la restauration, ce lac a donc été le premier d’Asie à être retiré de la liste des zones menacées (Registre de Montreux). L’Autorité de Développement de Chilika a également reçu le prix Ramsar pour la conservation des zones humides et le prix spécial Evian 2002 pour ses réalisations exceptionnelles », a déclaré l’IIT de Madras dans un communiqué.

Le communiqué de l’IIT de Madras déclare que, grâce aux travaux, « la production de poisson a été multipliée par sept et la population de dauphins d’Irrawaddy, très menacée, a augmenté. L’amélioration des ressources de la pêche et la hausse de la population des dauphins d’Irrawaddy ont favorisé l’écotourisme, lequel a énormément profité aux pêcheurs locaux ».

Soulignant les résultats de ce projet, R. Sundaravadivelu, directeur du projet au sein du département de génie océanique de l’IIT de Madras, a déclaré : « En six mois, le lac Chilika a été restauré avec un coût de dix crores de roupies* (cent-millions de roupies soit un-million-deux-cent-mille euros), avec l’ouverture de l’embouchure et d’autres travaux connexes. Cette action a abouti à des prises de poissons d’une valeur de cent crores de roupies (un-milliard de roupies soit onze-millions-neuf-cent-mille euros), et assure des revenus d’un montant de trente-cinq crores de roupies (trois-cent-cinquante-millions de roupies soit quatre-millions-deux-cent-mille euros) grâce au tourisme annuel.

L’Autorité de Développement du lac Chilika a réalisé un compte rendu sur la santé de l’écosystème. La surveillance périodique de la salinité, de la présence de poissons et de dauphins, d’algues prolifiques, d’oiseaux, et le contrôle d’autres paramètres biologiques sont effectués par un comité consultatif présidé par Sushanta Kumar Nanda (directeur général de l’Autorité de Développement de Chilika), qui est un membre actif de l’IIT de Madras.

*Note de Réseau-Cétacés : un crore = dix-millions de roupies soit environ cent-vingt-mille euros

Traduction par Camille Le Boité pour Réseau-Cétacés d’un article, publié le 29 mai 2020, sur le site d’actualités News by Careers 360.

 

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