Écosse ~ Le sauvetage de dix globicéphales enchevêtrés dans les algues au large d’une île isolée

Les habitants de l’île écossaise d’Uist ont réussi à secourir 10 globicéphales qui s’étaient échoués après s’être empêtrés dans les algues.

Ces baleines-pilotes*, membres d’un pod** de vingt individus, avaient été aperçues jeudi dernier sur la rive, luttant pour leur survie. Une opération de sauvetage a rapidement été mise en place au large des côtes des Hébrides extérieures, où plusieurs personnes se sont rassemblées pour prêter main forte. L’organisme de bienfaisance British Divers Marine Life Rescue (BDMLR) a mené l’opération, et des bateaux ont été fournis par la compagnie touristique Uist Sea Tours. Le café local Skydancer y a même participé en offrant des rafraîchissements aux sauveteurs. L’intervention a duré trois jours, car les animaux étaient coincés dans une crique rocheuse particulièrement étroite. Les bénévoles ont dû dégager les globicéphales des rochers pour les reconduire en pleine mer, par le biais d’une méthode connue sous le nom de « renflouage ».

David Steele, directeur de la compagnie Uist Sea Tours, a raconté à Euronews Living le déroulement des événements.

« J’ai reçu un appel jeudi soir m’informant de la présence d’un groupe de cétacés dans la baie de Lochboisdale, alors je suis sorti pour en savoir plus. »

Le lendemain matin, David et sa soeur Kathleen étaient attristés de découvrir que les globicéphales étaient alors échoués sur le rivage. « J’ai sauté à bord du bateau et nous avons réussi à en remettre dix à l’eau, qui ont nagé », se remémore-t-il.

Au final, 10 globicéphales ont été sauvés et ont été aperçus, depuis lors, nageant en haute mer entre les îles de South Uist et de Skye. Malheureusement, sept d’entre eux n’ont pas survécu, malgré tous les efforts fournis par l’équipe – et nous ne savons pas ce qu’il est advenu des trois autres.

D’après David et l’équipe de sauvetage, le résultat demeure extrêmement positif, car le taux de survie chez les cétacés échoués n’est généralement que de 5 %, explique-t-il.

« Le fait d’en avoir sauvé 10 sur 17 est incroyable. La communauté s’est véritablement mobilisée pour rendre cela possible – surtout en cette période si étrange. »

L’importance de sauvegarder les globicéphales

Les globicéphales communs peuvent atteindre 6,5 mètres de long, et ils se nourrissent principalement de calmars et de poissons. Selon l’organisme Hebridean Whale and Dolphin Trust, ce sont des animaux très sociaux observés dans des groupes pouvant atteindre jusqu’à mille individus. Cette espèce est menacée par l’enchevêtrement dans les engins de pêche, la pollution et la chasse, et ces animaux figurent parmi ceux les plus souvent retrouvés échoués dans les Hébrides.

« Malheureusement, les échouages de cétacés le long des côtes britanniques sont fréquents. En fait, ces échouages sont probablement plus nombreux qu’on ne le pense, car beaucoup ne sont pas signalés – ils peuvent se produire dans des endroits très reculés », déclare Danny Groves, membre de l’ONG britannique Whale and Dolphin Conservation.

« Les cétacés s’échouent pour de nombreuses raisons, et il est parfois impossible de les aider une fois retrouvés sur la rive. À peine seulement quelques heures après leur sortie de l’eau, leurs corps peuvent commencer à dépérir. »

Souvent, les cétacés s’échouent en raison des effets de l’activité humaine, comme l’enchevêtrement, la collision avec des navires ou les fortes perturbations sonores dues aux relevés sous-marins ou au forage de pétrole ou de gaz.

Ces majestueux animaux marins « vivent dans un monde de sons », explique Danny. Ils utilisent ces sons pour naviguer, localiser leurs proies et communiquer. « Interférer avec ce monde en introduisant un bruit assourdissant peut avoir des effets dramatiques. Avez-vous déjà essayé de discuter avec un ami dans une boîte de nuit bruyante ou lors d’un concert ? Ce n’est pas facile ! »

Plus important encore, les cétacés nous protègent en contribuant à fournir jusqu’à 50 % de notre oxygène, ce qui permet de lutter contre l’urgence climatique. Il ajoute : « Lorsqu’ils meurent, leur corps s’enfonce dans les fonds marins, emportant avec lui d’énormes quantités de carbone. »

Restaurer l’environnement océanique et permettre aux populations de cétacés de retrouver les conditions d’avant leur dévastation par la pêche et la chasse d’ampleur industrielle est vital, si l’on veut préserver l’écosystème mondial, conclut Danny.

* Les globicéphales sont aussi désignés sous le nom de baleines-pilotes

** Un pod désigne un groupe de cétacés

Traduction par Maéva Dramet pour Réseau-Cétacés d’un article – publié le 15 juin 2020 – sur le site  «Euronews Living».
N’hésitez pas à cliquer sur le lien pour avoir accès aux photos du sauvetage.

 

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