Des photos satellites suggèrent que la Russie a envoyé des dauphins entraînés à la guerre en Syrie

Photo de Une : l’image satellite du 2 novembre 2018 montre deux enclos de mammifères marins à Tartous en Syrie. Il se pourrait que ce soient des dauphins de la marine russe. [+] H I SUTTON, CONTIENT DES IMAGES DE KOMPSAT ACQUISES PAR SHADOWBREAK INTL

Les projets de la marine russe concernant les mammifères marins ont attiré l’attention du monde entier lorsqu’un béluga apprivoisé est arrivé en Norvège en avril 2019. Ce cétacé, surnommé Hvaldimir, aurait échappé à un programme d’entraînement de la marine russe. Il existe un autre déploiement de mammifères marins dont vous n’avez probablement pas entendu parler qui se trouve cette fois dans une zone de guerre.

Il y a désormais des preuves que la marine russe a envoyé des dauphins entraînés pour soutenir sa guerre en Syrie, les déployant sur la base navale de Tartous fin 2018.

J’ai découvert des bassins hébergeant des mammifères marins en regardant les images satellites de Tartous. C’est le port où la Russie base ses sous-marins déployés pour la guerre en Syrie. Ayant déjà vu des constructions similaires dans des bases de la marine russe en mer Noire et dans l’Arctique, je confirme que la nature de ces enclos est évidente. Le déploiement est visible sur les images satellites, comme par exemple sur Google Earth, avec les coordonnées 34 ° 54’35.16 « N, 35 ° 51’46.46 » E. Je vous fournirai les points GPS de chaque emplacement afin que vous puissiez le découvrir par vous-même.

Les dauphins seraient probablement utilisés pour contrer les plongeurs ennemis qui essaieraient de saboter les navires du port. Les mammifères marins peuvent également être utilisés pour récupérer des objets dans les fonds marins ou pour effectuer des missions de renseignement.

Les dauphins en Syrie proviennent probablement d’une unité basée près de Sébastopol, en Crimée, dans la mer Noire. Cette base a pour coordonnées 44 ° 34’53.12 « N, 33 ° 24’8.36 » E. Il est possible que les mammifères impliqués soient des phoques et non des dauphins, même si je pense que ce sont plutôt des dauphins. Les enclos semblent cependant plus petits que certains autres, ce qui suggère leur caractère temporaire.

Photo :
La marine russe a déployé des bélugas dans sa base sous-marine spéciale à Olenya Guba dans l’Arctique.  H JE SUTTON.  COMPREND LE MATÉRIEL © CNES 2020, DISTRIBUTION AIRBUS DS TOUS DROITS RÉSERVÉS / IMAGERIE SATELLITE PLEIADES |  ACQUIS PAR SHADOWBREAK INTL

 

L’autre programme actif impliquant des mammifères marins de la marine russe se trouve dans l’Arctique. Là, les bélugas et les phoques sont entraînés. Le béluga Hvaldimir est arrivé en Norvège à peu près au moment où la marine russe a déplacé des enclos de cétacés vers la base sous-marine d’Olenya Guba (69 ° 13’12.41 « N, 33 ° 23’4.72 » E). C’est ici que sont basés les sous-marins espions russes, y compris le Losharik* qui a été victime d’un malheureux incident en juillet de l’année dernière.

  • Note de Réseau-Cétacés : le Locharik est un petit sous-marin nucléaire de la marine russe. Le 2 juillet 2019, en mer de Barents, un incendie s’est déclaré à bord et 14 marins sont morts en inhalant des produits de combustion.

Les bélugas sont plus gros et plus lents que les dauphins, mais semblent mieux adaptés aux conditions arctiques. Les phoques, plus agiles, sont utilisés pour des opérations de contre-plongée, comme les dauphins sont susceptibles de l’être. Une autre base, étroitement liée à celle d’Olenya Guba, a pour coordonnées 69 ° 10’2.15 « N, 33 ° 28’39.77 » E. Il existe aussi une ferme d’élevage installée en 2017 à 68 ° 49’8.53 « N, 32 ° 45’16.53 » E, et une autre à 68 ° 49’52.21 « N, 32 ° 48’20.94 » E.

Nous ne saurons peut-être jamais exactement ce que la marine russe faisait avec les dauphins en Syrie. Ils n’étaient là que pendant quelques mois, de septembre à décembre 2018, c’était donc peut-être un test. Ou cela s’est peut-être mal terminé. Mais rien n’indique que les programmes sur les mammifères marins ralentissent. Et l’incident de Hvaldimir en Norvège s’est produit après le déploiement syrien, prouvant que tout ce qui s’est passé en Syrie n’a pas dissuadé la marine russe d’impliquer des mammifères marins au sein d’unités opérationnelles.

Traduction par Camille Le Boité pour Réseau-Cétacés d’un article de H I Sutton, publié le 19 juillet 2020, sur le site d’actualités américain Forbes.

 

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