Mexique ~ Découverte d’une potentielle nouvelle espèce de baleine par une mission de recherche de Sea Shepherd

Dans les eaux au nord des îles San Benito, des scientifiques et des défenseurs de l’environnement capturent des images d’une espèce de baleine non identifiée.

Le 8 décembre 2020, au large de la côte ouest d’Ensenada, en Basse-Californie, au Mexique, des chercheurs collaborant avec l’ONG Sea Shepherd Conservation Society pensent avoir découvert une espèce de baleine jusque-là inconnue.

Le matin du 17 novembre, à bord du navire Martin Sheen de l’ONG Sea Shepherd, des scientifiques ont remarqué trois baleines à bec faisant surface dans les eaux environnantes. Les observations ont eu lieu à 160 kilomètres au nord des îles San Benito au Mexique, un groupe de trois îles lointaines situées à environ 482 kilomètres de la frontière américaine.

L’expédition était dirigée par des chercheurs renommés spécialistes des baleines à bec, à savoir le Dr Gustavo Cárdenas Hinojosa du groupe de recherche sur les mammifères marins du CONANP (Commission Nationale des Aires Naturelles Protégées du Mexique), le Dr Jay Barlow, et la Dre Elizabeth Henderson, chef du programme de reconnaissance acoustique des baleines du NIWC PAC (Naval Information Warfare Center Pacific), en collaboration avec le pôle scientifique de Sea Shepherd. Le but était d’étudier les cétacés présents dans les eaux baignant les îles San Benito. L’équipe a entrepris d’identifier une espèce de baleine à bec à partir d’un signal acoustique inconnu et à ce jour jamais enregistré dans la zone.

Les scientifiques et l’équipage de Sea Shepherd ont réalisé des photographies et des enregistrements vidéo des animaux. Ils ont en outre déployé un microphone sous-marin adapté à la capture de signaux acoustiques émis par les baleines. Les experts des baleines à bec, qui sont des personnalités de premier plan dans leur domaine, sont «fortement convaincus» que les preuves photographiques et acoustiques révèlent la présence d’une toute nouvelle espèce de baleine.  L’échantillonnage génétique environnemental, réalisé au moment de l’observation, est en cours d’analyse et devrait définitivement prouver l’existence de cette nouvelle espèce.

«Nous avons vu quelque chose de nouveau. Une chose à laquelle on ne peut s’attendre à cet endroit, quelque chose qui ne correspond, ni visuellement ni acoustiquement, à quelque chose de connu», a déclaré le Dr Jay Barlow. «Je suis parcourue de frissons à l’idée de penser que nous avons peut être accompli ce que la plupart des gens pensent être totalement impossible : trouver sur cette Terre un grand mammifère vivant totalement inconnu de la science.»

Les baleines à bec, comme tous les cétacés, émettent des signaux acoustiques d’écholocation distincts sous l’eau. Ces sons sont uniques à chaque espèce et peuvent permettre d’identifier de manière fiable les types de baleines à bec présentes dans la zone.

En 2018, dans les eaux au nord des îles San Benito, des scientifiques ont enregistré un signal acoustique inconnu. Le signal, connu sous le nom de BW43, avait déjà été détecté au large des côtes californiennes, et les scientifiques pensent qu’il pourrait correspondre au son de la baleine à bec de Perrin.

La baleine à bec de Perrin est l’une des 23 espèces connues de baleines à bec présentes dans les océans du monde entier. Il n’existe aucune observation directe confirmée des baleines à bec de Perrin, et la densité de leur population ainsi que leur répartition géographique restent inconnues.

L’animal documenté lors de cette expédition est une baleine à bec, mais il ne s’agit ni d’une baleine à bec de Perrin ni d’aucune autre espèce connue. Le signal acoustique émis par l’espèce inconnue n’est ni BW43 ni aucun autre son connu de la science. L’analyse initiale indique que les caractéristiques physiques des baleines observées ne correspondent pas à celles de Perrin ni à toute autre espèce connue de baleine à bec. Les chercheurs pensent que les animaux observés lors de cette expédition correspondent à une espèce nouvellement identifiée.

«Sea Shepherd croit fermement au rôle essentiel que joue la recherche scientifique pour soutenir une action de conservation forte. Pour bien protéger quelque chose, il faut l’aimer ; et vous ne pouvez pas aimer ce que vous ne connaissez pas. La découverte d’une nouvelle espèce de baleine à bec prouve combien de mystères il reste à découvrir dans les océans que nos capitaines, équipages et collaborateurs de recherche s’évertuent à sauvegarder», a déclaré Peter Hammarstedt, directeur des campagnes de Sea Shepherd.

 

Traduction par Camille Le Boité pour Réseau-Cétacés d’un article publié le 8 décembre 2020 sur le site de l’ONG Sea Shepherd.
Photo : Elizabeth Henderson – Sea Shepherd

 

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