Île de Vancouver ~ Une rencontre avec des orques apporte joie et indignation

Le «plus beau jour» de cette femme obscurci par les accusations d’avoir dérangé des orques.

Christie Jamieson faisait du stand-up paddle (SUP) lorsqu’un groupe d’orques a fait une apparition inattendue dans le port d’Ucluelet.

«Tout mon corps tremble encore. Je ne sais même pas quoi faire de toute cette énergie. Je n’arrive même pas à l’expliquer. C’est la meilleure des adrénalines», a déclaré Mme Jamieson.

Ancienne monitrice de SUP et membre de l’industrie touristique d’observation des cétacés, Christie Jamieson a déclaré qu’elle était sortie en mer vers 9h30 le 19 janvier et qu’elle était sur sa planche depuis presque trois heures. Elle a expliqué avoir gardé une distance de sécurité et ne pas s’être montrée agressive ni avoir tenté de pagayer au milieu du pod.

«À un moment donné, elles [les orques] sont venues vers moi. Ce n’est pas comme si je pouvais pagayer pour m’en éloigner. Je ne pouvais pas mettre ma pagaie dans l’eau quand elles s’approchaient, car cela aurait ressemblé à un phoque ou à un lion de mer. La seule chose à faire à ce moment-là était de rester assise».

«Je n’ai jamais eu peur d’elles. Je préférerais être dans l’eau plutôt que sur la planche. J’aimerais être photographe de la vie animalière sous-marine. C’est mon rêve», a déclaré Mme Jamieson.

«Chaque fois que je vois des cétacés, peu importe qu’il s’agisse d’orques ou de baleines à bosse ou grises, je pleure toujours quand j’en suis proche».

Icon Developments a également enregistré une vidéo de ce groupe d’orques et l’a publiée sur son compte Twitter (@jamieiconcarson).

Il y a quelques étés, Mme Jamieson a fait une rencontre similaire avec des orques dans le port d’Ucluelet, ainsi qu’avec des baleines à bosse.

De nombreux habitants ont exprimé leurs inquiétudes au sujet des embarcations, y compris le SUP motorisé de Mme Jamieson, se rapprochant trop des cétacés, notamment ce 19 janvier, et violant ainsi le Règlement sur les mammifères marins.

Selon la Loi sur les pêches du Canada, il faut se tenir à 200 mètres des orques dans l’Océan Pacifique de la Colombie-Britannique, et à 400 mètres dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique du sud, entre Campbell River et le nord d’Ucluelet (du 1er juin au 31 mai). Les navigateurs doivent également éteindre leurs échosondeurs et mettre les moteurs au ralenti en position neutre, s’ils peuvent le faire sans danger, lorsqu’un cétacé est à moins de 400 mètres.

Tissa Deline, membre de l’Ucluelet First Nation, a déclaré qu’elle observait les orques depuis Whiskey Dock lorsqu’elle a aperçu quelqu’un descendre à l’eau avec un SUP.

«J’ai été indignée par cette scène. Je suis restée figée devant la porte d’entrée de mon lieu de travail alors que je regardais, horrifiée, cette personne pagayer au milieu d’un groupe de six orques, comprenant deux nouveau-nés apprenant à chasser. Je suis incroyablement déçue et indignée», a écrit Mme Deline dans un mail adressé au Westerly.

Photo : Nora O’Malley

Christie Jamieson observe un groupe d’orques depuis son stand-up paddle le 19 janvier 2021 dans le port d’Ucluelet.

La réaction de la Marine Education and Research Society

Jackie Hildering est agente de communication pour la Marine Education and Research Society (MERS), une organisation vouée à la promotion de la conservation et de la compréhension des écosystèmes marins par la recherche scientifique, l’éducation environnementale et la protection de la faune marine.

Mme Hildering révèle que Pêches et Océans Canada (MPO) conduit une investigation sur les événements du 19 janvier pour violation du Règlement sur les mammifères marins – Loi sur les pêches.

«Il faut indéfectiblement et incontestablement découvrir s’il s’agit d’une violation de la loi. Une enquête est actuellement en cours pour déterminer ce qu’il en est», a déclaré Mme Hildering au Westerly le 20 janvier depuis le bureau du MERS à Port McNeill.

«Si la personne sur le SUP était à l’extérieur du rayon des 200 mètres, et observait les orques, il n’y aura pas eu de violation. Se déplacer ou se positionner à moins de 200 mètres avec l’intention de s’approcher des cétacés est une violation. Mais il ne s’agit pas de calomnier cet individu. C’est plutôt l’occasion de découvrir ce qui est légal et ce qui ne l’est pas».

Mme Hildering précise que le Règlement sur les mammifères marins s’applique aux embarcations motorisées et non motorisées.

«La perturbation va au-delà du bruit. Il existe des recherches qui soutiennent que même la présence d’une embarcation a un impact sur les processus vitaux des cétacés», a-t-elle déclaré, ajoutant que, en cas de doute, il vaut mieux rester loin.

«Un tel épisode nuit à l’activité d’observation des cétacés», a déclaré Mme Hildering.

Jared Towers, un collègue du MERS, a identifié les membres du groupe d’orques comme étant les matrilignes T109C et T028A des épaulards de Bigg (une population chasseuse de mammifères).

Toute personne ayant été témoin d’un fait préoccupant est encouragée à appeler la Ligne de signalement des incidents du MPO au 1-800-465-4336.

À quoi correspond une distance de 200 mètres ? Graphique : Pêches et Océans Canada

Traduction par Simona Catozzi pour Réseau-Cétacés d’un article, publié le 19 janvier 2021, sur le site d’actualités canadien Nanaimo News Bulletin.
Photo : Christie Jamieson observe un groupe d’orques depuis son stand-up paddle le 19 janvier 2021 dans le port d’Ucluelet. Crédit photo : Nora O’Malley.

RC

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